Une piste russe pour la cyberattaque contre TV5Monde

le , mis à jour à 19:28
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PARIS, 9 juin (Reuters) - L'enquête sur le piratage informatique dont a été victime la chaîne TV5 Monde il y a deux mois "s'oriente vers la piste de hackers russes", a-t-on appris mardi de source judiciaire, confirmant une information de L'Express. "Ça vient minorer l'hypothèse d'une attaque terroriste", a ajouté cette source, alors que les premiers éléments avaient conduit le gouvernement à dire que la piste d'un acte terroriste était privilégiée. L'attaque, jugée "grave" par l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi), a été lancée dans la soirée du 8 avril. Des messages de soutien à l'Etat islamique en anglais, arabe et français, et des messages menaçants à l'égard des soldats français, ont été postés sur les sites et comptes en ligne du groupe. Le piratage avait interrompu la diffusion des 11 chaînes de 22h00 à 05h00 du matin. Selon L'Express, qui dit avoir remis aux enquêteurs des éléments d'analyse venus de son propre réseau sur demande de l'Anssi, les éléments mènent vers un groupe appelé "Pawn Storm", expression qui désigne un assaut multiple dans le langage du piratage. Ce groupe, écrit l'hebdomadaire, a pris pour cible par le passé les systèmes informatiques de la Maison blanche, des membres de l'Otan, ou encore des dissidents russes et militants ukrainiens. "Ces différents exemples, et leurs liens directs avec les intérêts de Moscou, ont poussé la société de cybersécurité FireEye à approfondir ses investigations (...) Deux autres éléments viennent à l'appui de ses conclusions : les lignes de codes ont été tapées sur un clavier cyrillique et à des moments correspondant aux heures de bureau à Saint-Pétersbourg et à Moscou", rapporte L'Express. Yves Bigot, directeur de TV5 Monde, explique au magazine que la revendication par le "CyberCaliphate" pourrait être "un leurre" et que ceci lui a été suggéré par l'Anssi. Les relations entre la France et la Russie se sont tendues sur fond de conflit en Ukraine et de sanctions européennes visant des intérêts russes. Paris a récemment décidé de ne pas livrer à Moscou les deux navires Mistral que le pouvoir russe avait commandés. (Chine Labbé, avec Grégory Blachier, édité par Yves Clarisse)

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