Une ONG parle d'"esclaves d'Etat" envoyés par Pyongyang en Europe

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    LONDRES, 6 juillet (Reuters) - La Corée du Nord a envoyé des 
centaines de personnes travailler en tant qu'"esclaves d'Etat" 
dans des pays de l'Union européenne, où Pyongyang cherche à 
contourner les sanctions internationales et à se doter de 
devises fortes, accusent mercredi des défenseurs des droits de 
l'homme. 
    Ces Nord-Coréens travaillent dans les 10 à 12 heures par 
jour, six jours par semaine, mais ils reversent jusqu'à 90% de 
leurs salaires à leur Etat, selon l'ONG Alliance européenne pour 
les droits de l'homme en Corée du Nord (EAHRNK). 
    La majeure partie d'entre eux sont employés sur des 
chantiers navals, sur des chantiers du bâtiment et dans des 
fermes en Pologne. Des Nord-Coréens travaillent également dans 
des usines textiles à Malte, ou dans d'autres pays comme 
l'Allemagne, l'Italie, l'Autriche et les Pays-Bas, selon l'ONG. 
    L'ambassade de Corée du Nord à Varsovie a démenti que ces 
travailleurs se voient confisquer leur salaire. "Tout ça est 
absurde", a dit un fonctionnaire de l'ambassade. "Personne ne 
leur prend (leurs salaires), ils travaillent et gagnent leur 
argent". 
    Les conditions de vie des Nord-Coréens employés en Pologne 
sont exposées dans un rapport publié mercredi par le centre 
LeidenAsia aux Pays-Bas, dans le cadre d'un projet conjoint avec 
l'ONG EAHRNK. 
    Selon ce rapport, le régime du numéro un nord-coréen, Kim 
Jong-un, se sert de la main d'oeuvre à l'étranger pour récupérer 
des devises fortes, dont elle a grandement besoin pour compenser 
l'impact des sanctions des Nations unies. 
     
    OTAGES 
    Dans un rapport rendu public l'an dernier, les Nations unies 
estimaient à plus de 50.000 le nombre de Nord-Coréens 
travaillant à l'étranger, rapportant ainsi à l'Etat entre 1,2 et 
2,3 milliards de dollars par an, des chiffres que contestent ou 
relativisent toutefois certains experts. 
    La majeure partie d'entre eux travaillent en Russie et en 
Chine. D'autres sont employés dans des pays d'Afrique et sur des 
chantiers du bâtiment au Moyen-Orient, notamment au Qatar qui 
prépare les installations pour la Coupe du monde de football 
2022. Mais les pays de l'UE sont à leurs yeux plus attrayants du 
fait du niveau des salaires, indique le directeur d'EAHRNK, 
Michael Glendinning. 
    Les Nord-Coréens n'ont pas de contrats de travail en bonne 
et due forme, pas de fiches de salaires, ils doivent remettre 
leurs passeports et voient leurs déplacements limités, indique 
l'ONG. Ils sont maintenus sous surveillance et doivent 
participer à des séances d'éducation idéologique. 
    Sont choisis, pour partir à l'étranger, des hommes mariés 
qui ont des enfants, lesquels sont gardés en otages en Corée du 
Nord, explique Glendinning. "S'ils (les travailleurs) venaient à 
faire défection, leur famille en subit les conséquences dans un 
camp pour détenus politiques, un camp de rééducation ou, dans 
les cas extrêmes, par des exécutions", ajoute-t-il. 
 
 (Emma Batha; Eric Faye pour le service français) 
 
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  • charleco il y a 5 mois

    Un jour, on apprendra que cette ONG est sponsorisée par Georges Soros et consors.