Une ONG dénonce la fraude aux étiquettes sur le poisson

Le Figaro le 28/04/2012 à 16:33
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L'alliance Ocean 2012 affirme que face à la baisse des stocks, les professionnels du marché de la pêche n'hésitent pas à vendre le poisson sous de faux noms.

Les professionnels de la mer auraient trouvé une solution pour contourner les quotas de pêche: vendre le poisson sous une fausse étiquette. D'après l'ONG Ocean 2012, qui a mené une vaste enquête mondiale, les poissons dont les stocks sont au plus bas sont remplacés dans l'assiette du consommateur par une variété de moindre qualité. Et ceci à son insu.

Ainsi, 28% des morues vendues en Irlande sont en fait des lieus jaunes, des lieus noirs ou des merlans portant des étiquettes frauduleuses. En France, le consommateur qui croit manger de la roussette, de la saumonette ou encore du chien de mer dévore en réalité des petits requins. En Espagne, un tiers des poissons vendus sous l'étiquette merlu sont en fait une variété de second rang pêchée dans les eaux africaines. Autre fraude d'ampleur: au Royaume-Uni, le traditionnel fish and chips n'est pas fait de morue pêchée dans les eaux froides de l'Atlantique mais de pangasius, un poisson élevé dans les eaux chaudes d'Asie du sud-est et actuellement le moins cher sur le marché mondial. En dix ans les importations en Europe de ce poisson de basse qualité ont bondi de 2000 à 220.000 tonnes.

«Imposteurs»

«Le fait de paner, fumer ou enrober ces filets dans de la pâte à frire permet de masquer l'apparence, l'odeur et le goût de ces imposteurs», s'insurge l'alliance dans un rapport. Ocean 2012 affirme également que les professionnels de la pêche réalisent souvent d'importants profits sur le dos des consommateurs. Le kilo de merlu africain, qui valait 6,79 euros en 2010, est souvent présenté sur les étals comme étant du merlu européen, vendu, lui, à 11,72 euros en moyenne.

D'après Ocean 2012, ces pratiques frauduleuses sont d'autant plus fréquentes que les consommateurs sont souvent incapables d'identifier les espèces. Les contrôles sont également très peu nombreux en raison de la dispersion des points de distribution. Pour le moment, les professionnels de la mer n'ont pas réagi à ces accusations. L'enjeu est pourtant de taille: rien qu'en France, la consommation de produit de la mer augmente de 2% par an en moyenne depuis 20 ans. «La demande ne cesse d'augmenter alors que les stocks de poissons exploités localement ne cessent de décliner pour cause de surpêche», déplore Stéphane Beaucher, coordonnateur politique pour Ocean 2012.

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  • e.mugler le mardi 1 mai 2012 à 14:22

    il est tout de même très curieux, que l'on continue de proner, dans toutes les théories économiques, la nécessité d'une natalité importante ... personnellement,je pense que même si l'on s'en tient à une performance économique seule, le bon sens indique que cela ne peut plus durer très longtemps ainsi !!! vous comprennezz peut etre pourquoi je suis opposé à toutealloc familliale, quelle qu'elle soit ...

  • idem12 le lundi 30 avr 2012 à 16:16

    et ce n'est qu'un début, nous sommes de + en + nombreux et les ressources baissent...

  • gepadtun le lundi 30 avr 2012 à 12:02

    Luttons pour la sauvegarde de la morue !