Une offre de rachat de Sanofi sur Medivation est jugée crédible

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    PARIS, 13 avril (Reuters) - Une offre de rachat par Sanofi 
 SASY.PA  de l'américain Medivation  MDVN.O  spécialisé dans le 
cancer est jugée crédible de la part d'un laboratoire 
pharmaceutique qui a pris beaucoup de retard dans ce domaine 
thérapeutique clef. 
    Une porte-parole de Sanofi s'est refusée à tout commentaire 
sur l'information de l'agence Bloomberg, selon laquelle 
Medivation a récemment rejeté une proposition de prise de 
contrôle de la part de Sanofi. Bloomberg a ajouté que le groupe 
français n'avait pas exclu de lancer une offre hostile sur cette 
entreprise dont la capitalisation atteint 7,5 milliards de 
dollars (6,59 milliards d'euros).   
    "Une telle offre est possible car Sanofi cherche à tout prix 
à renforcer son pipeline de médicaments actuels ou futurs, mais 
très proches de l'enregistrement, dans le domaine du cancer", 
commente une source proche du groupe français.  
    "La recherche interne n'a pas pris le tournant des biotechs 
suffisamment tôt et, dans le domaine onco-chimie, les molécules 
internes de Sanofi sont très en amont." 
    Chez Bryan Garnier, l'analyste Eric Le Berrigaud juge 
"crédible" un intérêt de Sanofi pour Medivation car Sanofi "a 
fait de son renforcement dans le cancer un objectif 
stratégique". Néanmoins, il souligne qu'une telle opération 
paraît plus intéressante du point de vue financier que 
stratégique ou technologique.  
    "Financièrement, l'opération serait relutive sur le BPA sauf 
à payer plus de 20 milliards de dollars, ce qui est très peu 
probable, le prix raisonnable étant plutôt compris entre 10 et 
15 milliards", dit-il.  
    "L'impact de l'opération net des frais financiers serait de 
l'ordre de 4% à 5% sur les résultats, soit 350 à 450 millions 
d'euros, sur des horizons 2018-2019." 
    Le marché aussi veut y croire: en avant-Bourse mercredi à 
New York, l'action Medivation s'adjuge 9,9% à 50,25 dollars.  
    A Paris, l'action Sanofi gagne 0,96% à 74,96 euros à 13h30, 
à comparer à un gain de 2,5% pour l'indice CAC 40  .FCHI . 
         
    UNE PREMIÈRE ANNÉE DE MANDAT BIEN REMPLIE 
    Les analystes ont souvent considéré qu'une biotech 
américaine spécialisée en cancérologie serait une cible 
naturelle pour Sanofi, distancé dans ce domaine par Roche 
 ROG.S , AstraZeneca  AZN.L  ou encore Novartis  NOVN.VX . 
    Cette opinion a d'ailleurs été confortée par les propos du 
directeur général de Sanofi Olivier Brandicourt, qui a dit à 
plusieurs reprises être très actif dans sa recherche 
d'opportunités de fusions-acquisitions.  
    Au début de l'année, Sanofi a d'ailleurs recruté un nouveau 
directeur du M&A, Alban de la Sablière, un ancien banquier de 
Morgan Stanley. 
    Arrivé il y a tout juste un an à la tête de Sanofi, Olivier 
Brandicourt a déjà bouleversé le profil du groupe.  
    Il l'a réorganisé autour de cinq entités mondiales 
  et a mis en route un plan à cinq ans qui prévoit 
des réductions de coûts et une augmentation des investissements 
dans la recherche et ouvre aussi la voie à une sortie du groupe 
de la santé animale et des génériques en Europe.   
    A la mi-décembre 2015, Sanofi a rendu publics les termes, 
déjà très précis, de négociations exclusives avec Boehringer  
Ingelheim afin d'échanger son pôle de santé animale Merial 
contre l'activité de santé grand public du groupe allemand. 
  
    Enfin, début mars, Sanofi a annoncé la fin de sa 
coentreprise de longue date avec Merck  MRK.N  dans les vaccins 
en Europe.   
   Le groupe doit publier ses résultats du premier trimestre 
2016 le 29 avril avant l'ouverture de la Bourse. 
         
 
 (Noëlle Mennella, édité par Dominique Rodriguez) 
 

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