Une nouvelle ville du Sud-Est turc placée sous couvre-feu

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 (Actualisé avec bilan des victimes, bombardements en Irak) 
    DIYARBAKIR, Turquie, 5 avril (Reuters) - La Turquie a 
déclaré mardi un couvre-feu dans la ville de Silopi, dans le 
sud-est du pays, à la suite d'une attaque à la roquette menée 
par des séparatistes kurdes contre un véhicule blindé de la 
police qui a fait un mort et quatre blessés, selon  des 
responsables des services de sécurité.  
    Des coups de feu ont retenti durant la nuit dans la ville, 
située près de la frontière irakienne, ont déclaré des témoins. 
    Le couvre-feu a été proclamé à 04h30 du matin (01h30 GMT) 
par haut-parleur depuis les minarets de la ville et les 
véhicules de police, ont-ils ajouté.  
    A Nusaybin, ville proche de la frontière syrienne où un 
couvre-feu est en vigueur depuis trois semaines, une autre 
attaque à la roquette du PKK (Parti des travailleurs du 
Kurdistan) a coûté lundi la vie à un commandant de l'armée et à 
un autre officier, rapportent des sources sécuritaires.  
    Deux policiers ont également été blessés par l'explosion 
d'une bombe contre leur véhicule blindé dans le district de 
Lice, situé dans la province de Diyarbakir, ajoutent-elles. 
    L'armée turque a par ailleurs annoncé de nouveaux 
bombardements de positions du PKK dans le nord de l'Irak, dans 
la région des monts Kandil.   
    Lundi, le président Recep Tayyip Erdogan a exclu toute 
relance des négociations de paix entre Ankara et les Kurdes, qui 
se sont effondrées l'été dernier après un cessez-le-feu de plus 
de deux années. Le chef de l'Etat turc a au contraire promis 
d'éradiquer l'insurrection.  
    Recep Tayyip Erdogan a déclaré la semaine dernière que 
depuis la rupture de la trêve en juillet dernier, 355 membres 
des forces de sécurité avaient été tués et 5.359 combattants du 
PKK "neutralisés", euphémisme fréquemment utilisé pour "tués". 
    Selon la Fondation turque des droits de l'homme, au moins 
310 civils ont péri pendant les couvre-feux imposés par les 
autorités dans le Sud-Est entre août dernier et la mi-mars.  
    Quelque 355.000 personnes ont également dû fuir leurs 
maisons en raison des combats, qui ont gravemment endommagé des 
villes comme Cizre, Silopi, Nusaybin ou le quartier de Sur à 
Diyarbakir, la principale ville de la région.  
     
 
 (Seyhmus Cakan; Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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