Communiqué
Paris, le 15 avril 2010 – Cellectis (Alternext : ALCLS), le
spécialiste français de l’ingénierie des génomes, annonce la
publication de nouvelles données dans la revue scientifique Gene
Therapy[1]. Les chercheurs du Centre hospitalo-universitaire de Laval
(CHUL), au Québec, ont utilisé des méganucléases ingénieriées par
Cellectis pour restaurer l’expression de la micro-dystrophine in vitro,
dans des myoblastes humains, et in vivo, dans des fibres musculaires,
démontrant ainsi leur potentiel dans le traitement de la myopathie de
Duchenne.
La myopathie de Duchenne est une maladie héréditaire
provoquée par des mutations du gène de la dystrophine entraînant la
production de protéines de dystrophine tronquées, incapables de remplir
leur fonction. Il s’agit d’une forme sévère de dystrophie musculaire
récessive liée à l’X qui se caractérise par une dégénérescence rapide
du tissu musculaire conduisant à terme à une perte de mobilité et à la
mort. Touchant à la naissance 1 garçon sur 3 500, cette affection est
la dystrophie musculaire la plus répandue.
L’article publié
aujourd’hui concerne l’utilisation par Jacques Tremblay et son équipe
d’un vecteur spécifique (plasmide) codant pour la micro-dystrophine
canine, dans lequel ont été insérées des séquences de gènes contenant
une cible de méganucléases et modifiant le cadre de lecture du gène de
la dystrophine. Il faut donc un événement génétique spécifique pour
restaurer l’expression d’une protéine active. Les résultats publiés
montrent que l’expression de méganucléases restaure efficacement
l’expression de la protéine de micro-dystrophine, que ce soit in vitro
(cellules 293FT et myoblastes humains) ou in vivo (muscles des membres
antérieurs de souris Rag/mdx, un modèle de myopathie de Duchenne).
L’analyse des myoblastes humains par amplification en chaîne par
polymérase (PCR) a montré que les méganucléases étaient capables de
modifier un nombre suffisant de gènes de la micro-dystrophine pour
envisager d’appliquer cette approche aux patients.
« Même
s’il nous faudra encore des années de recherche pour obtenir les
applications cliniques des méganucléases dans le traitement de la
myopathie de Duchenne, nous pensons que ces données apportent la preuve
de principe d’une potentielle approche thérapeutique du traitement de
cette maladie invalidante et de bon nombres d’autres affections
héréditaires », a déclaré Jacques Tremblay, de l’Unité de génétique
humaine du CHUL.
« Nous entrons dans une nouvelle ère de la
thérapie du gène avec ces outils de chirurgie de l'ADN que sont les
méganucléases. La nouvelle cible génétique proposée par l'équipe du
Professeur Tremblay s'inscrit dans l'un des objectifs thérapeutiques
affichés par l'AFM et Cellectis. Le chemin vers l'évaluation clinique
de cette stratégie est encore long mais l'effort collaboratif que nous
avons entrepris y est entièrement consacré», a déclaré Serge Braun,
directeur scientifique de l'AFM (Association Française contre les
Myopathies). L'AFM est un partenaire majeur du développement des
thérapies innovantes pour les maladies rares, notamment les myopathies.
[1]
Chapdelaine P. et al, Meganucleases can restore the reading frame of a
mutated dystrophyn, Gene Therapy, 15 avril 2010; doi: 10.1038/gt.2010.26