Une nouvelle chance pour Aurier... ou pas

le , mis à jour à 17:50
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Une nouvelle chance pour Aurier... ou pas
Une nouvelle chance pour Aurier... ou pas

Serge Aurier a repris l'entraînement avec le groupe professionnel du PSG jeudi au retour de la trêve internationale. L'occasion pour le latéral ivoirien de jouer un rôle dans la fin de saison parisienne. A moins que Laurent Blanc, seul maître de son sort désormais, n'en décide autrement.

Ce n’était pas une reprise comme les autres pour Serge Aurier. Au retour de la trêve internationale, le latéral a retrouvé jeudi le groupe professionnel du PSG à l’entraînement. Il en était éloigné depuis six semaines et son dérapage ultra médiatique sur Periscope le 14 février dernier. Alors forcément, renouer avec le vestiaire et ses occupants, de Laurent Blanc à Zlatan Ibrahimovic en passant par Salvatore Sirigu ou Angel Di Maria, tous concernés par la vidéo réalisée en direct par Aurier sur le désormais célèbre réseau social, ne pouvait être anodin. D’abord parce que cela faisait un moment qu’il n’y avait plus mis les pieds. Ses insultes à son entraîneur, qualifié de « fiotte », et ses propos à la limite envers ses partenaires lui avaient valu une suspension à titre conservatoire, puis une mise à l’écart de l’équipe première jusqu’au 20 mars. Ensuite parce que les regards de ses coéquipiers pesaient plus lourd qu’à l’accoutumée. Beaucoup plus lourd même. Mais le natif de Ouragahio devait en passer par là pour prétendre jouer un rôle dans la fin de saison excitante des Parisiens.

Blanc : « Il est très difficile de faire ce qu’on veut »

C’est la question qui se pose maintenant qu’il a été officiellement réintégré au groupe professionnel. Comme l’avait précisé Blanc après l’annonce de la sanction par le club : « Dans un cas difficile comme ça, il faut essayer de prendre les bonnes décisions. Là, il faut ajouter une difficulté qui est d’être en accord avec les lois du code du travail. Je peux vous dire que ce n’est pas si simple. Du moment que vous ne prenez pas une décision radicale, il est très difficile de faire ce qu’on veut. » Sous-entendu, le PSG était contraint de permettre à Aurier de s’entraîner à nouveau avec l’équipe première. Mais rien n’oblige l’entraîneur parisien à l’aligner sur la feuille de match, ni même à le convoquer dans le groupe pour les matchs officiels. Il était d’ailleurs très difficile d’imaginer Blanc diriger à nouveau celui qu’il a fait venir en provenance de Toulouse quand il s’était exprimé sur le sujet quarante-huit heures à peine après la divulgation de la vidéo. « Comment je l'ai pris ? Très mal, avait lâché le technicien cévenol. (...) Ce garçon, il y a deux ans, je me suis vraiment engagé auprès de ma direction pour le faire venir à Paris. Le remerciement que j'en ai, c'est ça. Je trouve ça pitoyable. »

Un retour à la compétition convaincant

Mais l’ex-sélectionneur de l’équipe de France n’avait pas tardé à nuancer son propos. Quelques jours plus tard, il semblait déjà prêt à tendre la main à son joueur. « J'aurai une discussion avec lui. Sans caméra, face à face. (...) Le temps fait toujours son effet. » Sa prochaine prise de parole, programmée pour vendredi en conférence de presse avant la réception de Nice samedi en L1 (17h00), sera forcément très attendue sur le cas Aurier. Blanc en dira davantage sur la gestion de celui qui n’a pas raté son retour à la compétition, même s'il a déjà livré la teneur du discours qu'il a tenu à son joueur dans un entretien accordé à France Bleu et diffusé jeudi sur les ondes. « Je lui ai dit ce que j’avais à lui dire. Je ne voulais pas le rencontrer pour entendre ce qu’il avait à me dire, je voulais le rencontrer pour qu’il écoute ce que j’avais à lui dire. » Que ce soit avec la réserve du PSG le 19 mars dernier (victoire 3-0 contre Poissy) ou avec la sélection ivoirienne (succès 1-0 puis nul 1-1 face au Soudan), l’ancien Lensois a rassuré sur son état de forme en dépit de son récent déficit de compétition de haut niveau. « Il fait partie de l’effectif, il faut voir comment il a digéré cette histoire et récupéré de ses deux matchs en sélection. C’est un joueur comme un autre, s’il mérite de jouer, il jouera. »

Pragmatisme ou romantisme ?

Ses coéquipiers l’ayant absous et Nasser Al-Khelaïfi ayant envoyé un message fort au groupe en assistant à sa reprise avec la réserve du club au Camp des Loges, avant de s’entretenir en privé avec lui, aucun obstacle ne semble s’opposer à un retour prochain d’Aurier avec l’équipe fanion. Les cartes sont désormais entre les mains de Blanc. Il a le choix entre le pragmatisme et le romantisme, entre le strict choix sportif et la décision symbolique forte. Il n’aura d’autre option que d’emprunter l’une de ses deux voies. Marquinhos et Gregory van der Wiel n’ont pas vraiment profité de la mise au ban d’Aurier pour s’imposer dans le couloir droit de la défense. Le premier offre certes de sérieuses garanties défensives et ne démérite jamais quand il est aligné. Mais il n’a pas le même apport offensif que l’Ivoirien, quand Van der Wiel a plombé toutes ses chances avec une prestation catastrophique à Lyon (2-1) et un geste d’humeur coupable à Troyes (0-9). Sacrifier l’image de l’institution sur l’autel des résultats pourrait néanmoins avoir des conséquences néfastes à moyen ou long terme, impossibles à mesurer dès aujourd’hui. D'autant que rien ne dit qu'il ne récidivera pas. « J’espère qu’il a compris, mais je n’en suis pas sûr », a soufflé Blanc. Ce se retrouve face à un cas de conscience qu’il se serait bien épargné. Rien que ce constat pourrait lui donner une idée de la solution au problème.

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