Une nouvelle attaque au gaz imputée aux forces syriennes

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LES FORCES GOUVERNEMENTALES SYRIENNES ACCUSÉES UNE NOUVELLE FOIS D'ATTAQUES CHIMIQUES
LES FORCES GOUVERNEMENTALES SYRIENNES ACCUSÉES UNE NOUVELLE FOIS D'ATTAQUES CHIMIQUES

par Michelle Nichols

NATIONS UNIES (Reuters) - Les forces gouvernementales syriennes se sont rendues coupables d'une troisième attaque au gaz toxique, selon un rapport d'enquête international remis au Conseil de sécurité des Nations unies, que Reuters a pu consulter vendredi.

Ce quatrième rapport dans l'enquête ouverte depuis 13 mois par l'Onu et l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAM) précise que cette attaque a été menée le 16 mars 2015 à Qmenas, dans la région d'Idlib.

Dans leur troisième rapport remis en août, les enquêteurs ont déjà imputé au régime syrien deux attaques au chlore, à Talmenes le 21 avril 2014 et à Sarmine le 16 mars 2015, et ont accusé le groupe Etat islamique d'avoir eu recours à du gaz moutarde.

Les conclusions du quatrième rapport pourraient entraîner une nouvelle confrontation au sein du Conseil de sécurité entre les cinq membres permanents avec d'un côté la Russie, qui soutient militairement les forces syriennes, et la Chine et, de l'autre, les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne.

Après la présentation du troisième rapport, la Russie avait jugé qu'il ne pouvait servir de base à des sanctions de l'Onu.

Le rapport remis vendredi précise que les forces syriennes ont utilisé des hélicoptères pour larguer des barils d'explosifs, qui ont eux-même libéré du chlore. Ces hélicoptères ont décollé de deux bases accueillant les 253e et 255e escadrons de la 63e brigade héliportée.

Il est écrit que le 618e escadron, doté d'hélicoptères de la marine, est aussi installé dans l'une de ces bases.

L'enquête n'a toutefois "pas permis de confirmer les noms des individus qui exerçaient le commandement et le contrôle de ces escadrons d'hélicoptères sur le moment".

CHAPITRE 7

Le rapport ajoute néanmoins que les personnes "ayant un contrôle effectif de ces unités militaires (...) doivent être tenues responsables".

Cette commission d'enquête formée avec l'aval unanime du Conseil de sécurité effectue des recherches sur neuf attaques menées dans sept régions de Syrie, où une enquête distincte de l'OIAC a déjà établi que des substances chimiques ont probablement été utilisées. Huit de ces attaques comportent l'utilisation de chlore. L'enquête n'a pu aboutir à des conclusions dans cinq cas.

L'utilisation du chlore à des fins militaires est interdite par la convention de 1997 sur les armes chimiques, à laquelle la Syrie a adhéré en 2013. Inhalé, le chlore peut être mortel car il brûle les poumons et provoque l'étouffement des victimes.

La Syrie a accepté de détruire ses stocks d'armes chimiques en 2013 dans le cadre d'un accord conclu entre la Russie et les Etats-Unis pour éviter une intervention militaire américaine contre le régime syrien à la suite d'un bombardement chimique meurtrier sur la Ghouta orientale, près de Damas.

Le Conseil de sécurité a entériné cet accord dans sa résolution 2118 et décidé que, en cas de violation de ce texte, "y compris de transfert non autorisé ou d'emploi d'armes chimiques par quiconque" en Syrie, il "imposera des mesures" en vertu du chapitre 7 de la charte de l'Onu.

Ce dernier permet d'imposer des sanctions ou d'autoriser l'emploi de la force. Il faut pour cela une autre résolution du Conseil de sécurité, au sein duquel la Russie dispose d'un droit de veto.

(Bertrand Boucey pour le service français)

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  • delapor4 il y a un mois

    On appelle ça de la propagande de guerre et heureusement on commence à être vaccinés.