Une ménagère réclame 2400 euros aux poids lourds de la lessive

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Dominique, Reimoise de 53 ans, s'est sentie lésée de l'entente tarifaire de 13 entreprises du secteur des produits d'hygiène. Elle demande 2400 euros de réparation.

C'est un peu le combat de David contre Goliath. Dominique, une Reimoise de 53 ans, a décidé de s'attaquer aux géants de la lessive, rapporte le Parisien. L'histoire commence en décembre dernier lorsque l'Autorité de la concurrence épingle treize poids lourds du secteur des produits d'hygiène pour entente tarifaire entre 2003 et 2006.

Ces entreprises reconnaissent les faits et sont condamnées à deux amendes, de 605,9 millions d'euros pour le secteur des produits d'hygiène et de 345,2 millions d'euros pour celui des produits d'entretien. Dominique, en situation de grande précarité, y voit l'occasion de rembourser le trop perçu de RSA qu'on lui réclame.

«J'ai pris le dossier car elle est en grande précarité et elle est très malade, explique son avocat Me Emmanuel Ludot. Lorsque j'ai reçu son fils pour le remboursement du trop perçu de RSA, il m'a parlé de ce rapport de l'Autorité de la concurrence et m'a demandé s'il était possible de mener une action pour récupérer la somme du préjudice». L'avocat dépose alors le dossier auprès du juge de proximité de Reims. Dominique demande à quatre des entreprises incriminées, Colgate Palmolive, Henkel, Procter&Gamble et Unilever, le remboursement de ce qu'elle estime avoir dépensé en trop durant ces quatre ans.

«C'est 25% de pouvoir d'achat qui ont été volés sur quatre années», justifie Me Ludot. Pour estimer le préjudice, l'avocat calcule «à l'aide de l'entourage de Dominique» le prix de son caddie moyen hebdomadaire hors produits alimentaires et le multiplie sur les quatre ans du préjudice. Cela revient à «200 euros par mois», soit 2400 euros au total.

Pour prouver les achats, «l'idéal aurait été d'avoir l'ensemble des tickets de caisse». Mais Dominique ne les a pas tous conservé. «On peut utiliser la preuve par tout moyen, explique l'avocat, donc les témoignages». Concernant les quatre groupes visés, «ils distribuent 99% des produits d'hygiène et d'entretien. Il est donc facile de prouver l'achat de ces produits», note Me Ludot. Ce sont surtout les entreprises qui ont reconnu les faits. L'audience sera fixée dans les semaines à venir.

L'action de Dominique pourrait d'ailleurs donner des idées à d'autres consommateurs qui se sentent lésés. «Les associations de consommateurs ne veulent pas faire d'action collective . Ils pensent que tous les tickets de tous les consommateurs sont nécessaires, ce qui est totalement faux». Pourtant , il faudrait dénoncer les faits, selon l'avocat. «C'est une caricature de la misère. Une caricature des gros groupes sur les pauvres gens».

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