Une marée rouge "prend" la Bastille pour Jean-Luc Mélenchon

le
5
UNE MARÉE ROUGE "PREND" LA BASTILLE POUR JEAN-LUC MÉLENCHON
UNE MARÉE ROUGE "PREND" LA BASTILLE POUR JEAN-LUC MÉLENCHON

par Chine Labbé

PARIS (Reuters) - Ballons rouges, écharpes rouges et pancartes appelant à une VIe République : plus de 120.000 sympathisants du Front de gauche, d'après les organisateurs, ont repeint dimanche la place de la Bastille aux couleurs de la révolution que Jean-Luc Mélenchon appelle de ses voeux.

Une vraie démonstration de force pour un candidat crédité dans un récent sondage de 11% d'intentions de vote au premier tour de l'élection présidentielle.

"Résistance", "on lâche rien", "et 10, et 15, et 20%" scandent les marcheurs.

Ouvriers en lutte, salariés, syndicalistes, chômeurs et autres militants de la gauche de la gauche veulent croire que la poussée dans les sondages du candidat de leur coeur ne fait que commencer.

"Au premier tour, c'est Mélenchon, au second tour, c'est Mélenchon", lancent certains, en référence à l'appel du candidat PS au vote "utile" contre le Front national.

Arborant des autocollants "casse-toi pov' con" et criant "Sarkozy, dégage", beaucoup font de cette marche une tribune contre le gouvernement actuel.

"On a fait la plus belle manifestation anti-Sarko aujourd'hui", estime Pascale Le Néouannic, membre du bureau national du Parti de gauche. "Voilà, on ne veut plus de Sarko, mais on ne veut pas de n'importe quelle gauche, on veut une gauche qui ose".

Par leur présence place de la Bastille, en ce jour anniversaire de la Commune de Paris, les sympathisants du Front de gauche veulent aussi tourner une page, celle de la Ve République.

"On n'est pas en vacances, on écrit l'histoire de France", scandent ainsi des militants.

Accompagnées par plusieurs fanfares et groupes de musiciens, des délégations du Var, des Bouches-du-Rhône ou encore du Languedoc-Roussillon défilent. Près de deux cents cars et huit trains ont acheminé des sympathisants de toute la France.

Habillé de son bleu de travail, Olivier Hazart, électricien de 37 ans, est venu pour "faire la fête du Front de gauche". "Jean-Luc Mélenchon m'a donné espoir en la politique", dit-il. "C'est le seul qui peut donner l'exemple au monde".

"C'est le seul capable de changer tout ce bazar", renchérit Jean-Pierre Allingry, viticulteur à la retraite.

C'est également la "gouaille" de Jean-Luc Mélenchon qui a poussé Edouard Terrasse à faire le déplacement. Pour ce maraîcher de 28 ans, qui brandit une pancarte "hasta la revolenchon" en référence à la "révolution citoyenne" prônée par le candidat du Front de gauche, et qu'il veut inspirée des révolutions sud-américaines, "c'est le seul qui ait le courage de tenir tête à tous les tenants du capital et aux banques".

"LE FIDEL CASTRO DU XXIE SIÈCLE"

Agitant des drapeaux à l'effigie de Che Guevara, plusieurs membres d'une association "d'amis de Cuba", s'enthousiasment pour son appel à la "révolution citoyenne". "Pour moi, Mélenchon, c'est le Fidel Castro du XXIe siècle", dit Jacques Milhas, se présentant comme un "soldat de Fidel Castro".

En chemin vers la Bastille, l'appel du candidat du Front de gauche à l'instauration d'une VIe République fait écho dans l'assemblée. "Il faut essayer de créer un rapport de force pour foutre en l'air ces institutions grâce auxquelles ont est dépossédés de toute décision", estime Didier Brisebourg, informaticien au chômage.

Dans le cortège, des salariés en lutte espèrent faire avancer leur cause. Une cinquantaine de salariés de Fralib, unique entreprise de conditionnement des thés Lipton et des infusions Eléphant en France, défilent ainsi aux côtés d'un éléphant en papier mâché de deux mètre soixante de haut.

"L'éléphant est français, en Provence il doit rester", crient ceux dont le site, situé à Gémenos, à une vingtaine de kilomètres de Marseille, est menacé de fermeture. "On est là pour avoir un président qui soutient les emplois", dit à Reuters Dominique Basset, délégué syndical CGT des Fralib. "On va devenir quoi en France si toutes les boîtes ferment? Le parc d'attraction de l'Europe?"

Place de la Bastille, sur son estrade d'à peine 3 mètres par 6 -"on a fait à l'économie", confie son directeur de campagne, François Delapierre-, Jean-Luc Mélenchon déborde.

"On se manquait, on s'espérait, on s'est retrouvés", dit-il sur un ton solennel, le poing levé. "Génie de la Bastille qui culmine sur cette place, nous voici de retour".

Fin de son discours. La foule l'acclame et entonne l'Internationale. Le début d'un mouvement, veut croire le Front de gauche.

"Notre campagne va sortir des salles", s'enflamme François Delapierre. "Il y aura des Bastilles partout, il y a beaucoup de Bastilles à prendre".

Edité par Patrick Vignal

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • wanda6 le dimanche 18 mar 2012 à 23:40

    chatnour : l'idéologie capitaliste encore plus et aujourd'hui aussi !

  • wanda6 le dimanche 18 mar 2012 à 23:37

    L’enseignement et la recherche ont-ils été améliorés? Non? Mais c'est pourtant ce que se proposent de faire UMP et PS dès qu'ils seront élus.

  • wanda6 le dimanche 18 mar 2012 à 23:37

    Avant de placer votre bulletin dans l'urne, posez-vous donc les questions suivantes: Est-ce qu'au cours des dernières décennies dirigées par UMPS: votre pouvoir d'achat a-t-il augmenté? L’insécurité a-t-elle baissé? L’affairisme et la corruption ont-t-ils régressés? Le chômage et la précarité ont-ils été maitrisés? L’endettement de la France a-t-il diminué?

  • chatnour le dimanche 18 mar 2012 à 23:03

    l'idéologie communiste a fait entre 65 et 93 millions de morts soit bien plus encore qu'a.dolf ! Il en faut encore ? http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Livre_noir_du_communisme

  • a.bou le dimanche 18 mar 2012 à 22:06

    je n'ai jamais voté à gauche mais aujourd'hui je vote Melenchon pour signifier mon ras le bol