Une manifestation contre la loi Travail très surveillée à Paris

le , mis à jour à 15:24
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MANIFESTATION CONTRE LA LOI TRAVAIL TRÈS SURVEILLÉE À PARIS
MANIFESTATION CONTRE LA LOI TRAVAIL TRÈS SURVEILLÉE À PARIS

PARIS (Reuters) - Les opposants au projet de loi Travail, CGT et Force ouvrière en tête, ont lancé une nouvelle journée de mobilisation jeudi, au lendemain d'un accès de fièvre déclenché par l'interdiction du défilé parisien, finalement autorisé par le gouvernement.

Dans la capitale, les manifestants étaient tenus à un aller-retour d'un peu plus de 1,5 km entre la place de la Bastille et la Seine, avec interdiction de s'écarter de cet itinéraire très surveillé.

La préfecture de police, qui avait invoqué la crainte de débordements semblables à ceux du 14 juin pour interdire le défilé, a prévu des mesures de sécurités renforcées, le déploiement de plus de 2.000 membres des forces de l'ordre et l'installation de grilles autour de la place de la Bastille.

Avant même le début de la manifestation, 18 personnes contrôlées avec "du matériel interdit" ont été interpellées, a-t-on appris auprès de la préfecture de police.

"Ils ont un peu disjoncté. Il y a quelque chose d'un peu fou dans le rapport à la démocratie", a jugé la députée et ancienne ministre écologiste Cécile Duflot, écharpe tricolore sur l'épaule, qui prenait part au cortège.

Les syndicats ont également fait savoir que leurs services d'ordre seraient renforcés.

"Aucune violence, aucun débordement ne sera toléré", avait déclaré mercredi le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, après avoir trouvé un compromis in extremis avec la CGT et FO sur l'itinéraire de jeudi.

Outre le nombre de manifestants, les éventuels heurts en marge du cortège serviront donc de jauge pour mesurer le succès ou l'échec de la mobilisation parisienne.

A Marseille, 2.840 personnes ont manifesté jeudi matin selon la police, 45.000 selon les organisateurs. A Toulouse, elles étaient entre 3.500 et 12.000, soit environ deux fois moins que lors de la précédente journée d'action, le 14 juin.

"Si le gouvernement s'entêtait, on verra cet été, mais on verra surtout à la rentrée", a dit à la presse le numéro un de FO, Jean-Claude Mailly, avant le départ du cortège parisien.

CGT et FO en appellent toujours à l'intervention de François Hollande pour débloquer la situation et mettent en cause l'intransigeance supposée de son Premier ministre, Manuel Valls.

"Il faut qu'il prenne les affaires en main", a déclaré le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez à propos de François Hollande, en soulignant que la CGT n'avait reçu à ce jour aucune réponse à un courrier adressé le 20 mai à l'Elysée.

"Sur ce projet de loi, nous irons jusqu'au bout", a répondu jeudi le chef de l'Etat, lors d'une visite à la Cité de refuge de l'Armée du salut, à Paris.

(Simon Carraud, avec Ingrid Melander, Jean-François Rosnoblet à Marseille et Johanna Decorse à Toulouse, édité par Sophie Louet)

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