Une majorité de Français veut rester dans l'UE mais considère que le Brexit n'est "pas si grave"

le , mis à jour à 13:53
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Les déboires politiques du Brexit ont globalement provoqué une montée du sentiment pro-européen dans le reste de l'Europe, montre une enquête de l'Ifop.
Les déboires politiques du Brexit ont globalement provoqué une montée du sentiment pro-européen dans le reste de l'Europe, montre une enquête de l'Ifop.

Les Français seraient 53% à vouloir rester au sein de l’UE et 26% à vouloir en sortir si la question leur était posée par référendum. Au sujet du Brexit, les Français sont partagés entre compréhension et incompréhension, mais considèrent globalement que l’événement n’est « pas si grave ».

Contrairement au Royaume-Uni, la France et les autres grands Etats de la zone euro voient toujours leur avenir bien ancré au sein de l’Union européenne.

La contagion du Brexit tant redoutée ne semble pas avoir lieu, et les sentiments pro-européens se sont même renforcés par rapport à l’année 2014. Les démissions en chaîne des leaders du « Brexit », qui fuient les responsabilités suite à leur victoire, n’y est probablement pas pour rien.

Les Français, Allemands, Italiens et Espagnols veulent majoritairement rester dans l’UE

Selon un sondage réalisé dans six pays européens par l’institut Ifop à la suite du Brexit, les Français seraient 53% à souhaiter que leur pays reste au sein de l’Union européenne, tandis que seuls 26% d’entre eux préfèreraient une sortie.

Cet ancrage pro-européen est encore plus net en Allemagne, où 65% des Allemands souhaiteraient rester au sein de l’UE tandis que 18% souhaitent en sortir.

Les Italiens restent majoritairement pro-européens (52%) mais près d’un tiers d’entre eux (31%) préfèreraient sortir de l’Union.

L’envie d’appartenance à l’UE se retrouve dans les trois autres pays où l’enquête a été menée par l’Ifop, à savoir l’Espagne (67% pour / 17% contre), la Belgique (61% / 19%) et la Pologne (84% / 16%, ce dernier résultat éliminant les indécis).

Egalement interrogés sur le fait que l’appartenance à l’UE soit « plutôt une bonne chose » ou « plutôt une mauvaise chose », 67% des Français et 81% des Allemands et des Espagnols estiment que cela est « plutôt une bonne chose ». En novembre 2014, les Français n’étaient que 57% et les Allemands 62% à afficher cette même opinion. L’Italie, malgré une remontée semblable du sentiment pro-européen, conserve un fort contingent d’eurosceptiques : 41% des Italiens estiment que l’appartenance à l’UE est « plutôt une mauvaise chose ».

Les Européens partagés entre compréhension et incompréhension sur le Brexit

Au sujet du Brexit, les sondés ont dû répondre à la question « Personnellement, qu’avez-vous ressenti suite à cette décision des Britanniques ? », en choisissant une seule réponse entre la compréhension, l’incompréhension, l’indifférence, l’inquiétude, l’enthousiasme, la tristesse et la colère.

Malgré l’ancrage pro-européen des Français, 23% d’entre eux ont principalement ressenti de la « compréhension » face à ce vote, mais « l’incompréhension » arrive au coude-à-coude (22%). 17% des sondés ont principalement ressenti de l’indifférence, 16% de l’inquiétude, 10% de l’enthousiasme, 8% de la tristesse et 4% de la colère.

En Allemagne, l’incompréhension au sujet du Brexit a largement dominé (45% des sondés) tandis que seuls 15% ont affiché leur « compréhension » à ce sujet.

En Espagne comme en Pologne, c’est le sentiment d’inquiétude qui a dominé (28% des Espagnols, 31% des Polonais).

Brexit : « pas si grave » pour la plupart des Européens

Toujours au sujet du Brexit, 58% des Français considèrent malgré tout que l’événement n’est « pas si grave que cela car le Royaume-Uni a toujours eu un statut à part en Europe ». Seuls 29% des Français considèrent que le Brexit est « assez grave » et 13% « très grave ».

Les écarts sont moins larges en Allemagne, en Italie et en Espagne. 41% des Allemands considèrent que l’événement n’est « pas si grave », 34% « assez grave » et 25% « très grave ». À l’inverse de la tendance globale, les Polonais sont une majorité à considérer que le Brexit est « très grave ».

Quel que soit le pays, une majorité des sondés (France : 55%) considère que l’économie britannique sera « affaiblie » par le Brexit. Très peu (France : 12%) estiment que celle-ci sera « dynamisée ».

Le sondage de l’Ifop a été réalisé du 28 juin au 6 juillet auprès d’un échantillon d’environ 6.000 personnes, 1.000 par pays, représentatives de la population nationale âgée de 18 ans et plus. Les réponses ont été obtenues par questionnaire auto-administré en ligne.

Xavier Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • pbossy il y a 4 mois

    @jpam et manu331 : vos propos relèvent sans doute des dérives démocratiques dont jpam parlait récemment. Manipulation propagandiste : comme l'autre qui annonçait 40 % pour le FN aux régionales 2015 ! Sans nommer les reprises d'articles incomplètes. Manipulation propagandiste dont les allemands en 1933 ont été victimes comme des millions de personnes ensuite. Bien à vous et au plaisir de discuter. Là, je dois m'absenter. A propos manu331, je sais manier l'ironie :)

  • Alananas il y a 4 mois

    La France une démocratie ? Un pays où les verts qui ont 3% aux élections ont 17 députés, la ou le premier parti de France en a 2 ! Ca me laisse songeur sur le mot démocratie.

  • pbossy il y a 4 mois

    @manu331 : quand je pense que vous m'avez traité de fasciste récemment ! Fasciste = personne qui prône l'exaltation nationaliste. Qui parle de traitre à la nation dans un post récent : vous !

  • pbossy il y a 4 mois

    @manu331 : content de vous retrouver. Les prix Nobel dont vous parlez parlent de la sortie de l'€ et non de l'UE. Ce n'est pas la même chose.Certains disent même que certains pays devraient sortir de l'€ pour sauver l'Europe. Ces informations sont relayées par Mr Jacques Sapir, qui semble naviguer entre extrême gauche et extrême droite. Mais il est vrai que les extrêmes se rejoignent souvent.

  • pbossy il y a 4 mois

    @jpam : à chacun sa lecture des évènements. Le parti en question a manipulé le peuple. Le peuple allemand s'en est mordu les doigts par la suite.Je maintiens ma conclusion : le peuple n'a pas toujours raison. J'ai bcp aimé l'intervention de Daniel Cohn-Bendit (dont je ne partage pas toutes les idées) le 5 juillet dernier.

  • frk987 il y a 4 mois

    On mélange deux choses : la GB n'est pas dans la zone Euro mais uniquement dans l'UE. Si la GB avait fait partie de l'Euro, là ç'aurait été plus violent.

  • mcarre1 il y a 4 mois

    (lire: intox). D'où le résultat des sondages. Proposez aux peuples une autre Europe , plus respectueuse de notre diversité d'européens, de nos cultures, de nos valeurs, et moins despotique, moins à la solde des lobbies, et il n'y aura pas photo.

  • mcarre1 il y a 4 mois

    Il faut dire que la propagande pro-UE ne ménage pas ses efforts, la plus grande inox étant de faire croire qu'il n'y aurait pas d'autre option entre cette Europe lobbyiste que les oligarques technocrates nous ont imposée et le néant.

  • Alananas il y a 4 mois

    Je me souviens du traité de Maastricht qui nous avait été vendu comme le nirvana : croissance à deux chiffres, plein emploi, amitié, sécurité, c'était beau, c'était en 1992. Bilan : raté.

  • b.renie il y a 4 mois

    Le Brexit n'est grave que pour UK C'est pourquoi Theresa se tortille dans tous les sens pour trouver la solution à ce qui est est un sottise grave ... qui est un problème politico/économique sans bonne solution.Après tout ce que veulent les protégés de sa Gracieuse Majesté c'est vivre tranquilles chez eux entre eux Que les commerçants fassent leurs affaires sans les impliquer en quoi que ce soit. Pour l'UE c'est une bonne nouvelle qui va permettre de reprendre la marche en avant intelligente