Une majorité d'Allemands pour rompre l'accord UE-Turquie

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 (Actualisé avec Sigmar Gabriel, § 7-8) 
    BERLIN, 7 août (Reuters) - Une majorité d'Allemands estiment 
que l'Union européenne devrait rompre l'accord conclu avec la 
Turquie pour freiner les arrivées de migrants et réfugiés sur le 
territoire européen ainsi que les négociations d'adhésion avec 
Ankara, montre un sondage publié dimanche par le Bild am 
Sonntag.  
    L'accord conclu en mars dernier a drastiquement réduit le 
nombre d'arrivées de demandeurs d'asile en Grèce, qui se 
comptaient par milliers dans les mois précédents.  
    Mais selon l'enquête de l'institut Emnid, 52% des Allemands 
souhaitent y mettre un terme, alors que 35% veulent le voir 
perdurer.  
    Plus des deux tiers des 502 personnes interrogées le 4 août 
dernier sont également favorables à un gel immédiat de l'aide 
financière versée à la Turquie en vertu de cet accord et 66% 
préconisent la rupture des négociations d'adhésion, alors que 
l'accord migratoire a promis de les accélérer.  
    Le directeur de la chancellerie fédérale, Peter Altmaier, a 
prévenu vendredi dans une interview au Berliner Zeitung qu'il 
n'existait pas d'alternative à cet accord.  
    Parallèlement, le ministre des Affaires étrangères 
Frank-Walter Steinmeier a rejeté la volonté exprimée ces 
derniers jours par l'Autriche de geler les négociations 
d'adhésion avec Ankara.  
    Mais le vice-chancelier et ministre de l'Economie, Sigmar 
Gabriel, membre comme lui du Parti social-démocrate (SPD), a 
déclaré dimanche qu'il était improbable que la Turquie adhère à 
l'UE à moyen terme. 
    "Je ne crois pas que dans un avenir prévisible, et je parle 
des dix ou vingt prochaines années, la Turquie ait une chance de 
devenir un membre de l'UE", a-t-il dit dans une interview que la 
chaîne de télévision ARD devait diffuser dans la soirée.    
    De son côté, le gouvernement autrichien a continué de 
s'interroger sur l'opportunité d'une poursuite des négociations 
avec Ankara. Dans une interview parue dimanche dans le quotidien 
Kurier, le chef de la diplomatie autrichienne, Sebastian Kurz, 
menace de bloquer l'ouverture de nouveaux chapitres dans les 
négociations d'adhésion.   
 
 (Caroline Copley; Jean-Stéphane Brosse pour le service 
français) 
 
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