Une lycéenne tuée dans un attentat à la bombe en Italie

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Une lycéenne tuée dans un attentat à la bombe en Italie
Une lycéenne tuée dans un attentat à la bombe en Italie

par Elisa Forte et Daniele Mari

BRINDISI, Italie (Reuters) - Une adolescente de 16 ans a été tuée et sept autres personnes ont été blessées, dont une très grièvement, dans l'explosion d'une bombe samedi matin devant un lycée de jeunes filles de Brindisi, ville des Pouilles, dans le sud de l'Italie.

Les soupçons se portent sur la mafia locale, la "Sacra Corona Unita".

L'explosion qui n'a pas été revendiquée s'est produite au moment où les élèves de cet établissement professionnel, qui porte le nom de la femme du juge anti-mafia Giovanni Falcone, assassinée avec lui en Sicile en 1992, s'apprêtaient à gagner leurs classes en début de matinée.

Selon les enquêteurs, deux bonbonnes de gaz avaient été dissimulées dans une poubelle de l'école qui se trouve à proximité du tribunal de Brindisi, ville portuaire du "talon" de la botte italienne.

La directrice de l'hôpital Perrino de Brindisi, Paola Ciannamea, a précisé à la télévision qu'une jeune fille grièvement blessée était dans un état stationnaire après avoir été opérée. Six autres personnes ont été soignées pour des brûlures mais leur vie n'est pas en danger.

"C'est une tragédie", a commenté Mimmo Consales, le maire de Brindisi, sur la chaîne de télévision SkyTG24.

Il a rappelé que cet attentat intervient quelques jours avant le 20e anniversaire de l'assassinat du juge Falcone et de sa femme Francesca Morvillo tués par une bombe en Sicile le 23 mai 1992.

MARCHE DE PROTESTATION

Une marche pour protester contre le crime organisé est prévue dans la journée.

"Vous pouvez comprendre le caractère symbolique de cela et ce que ça signifie", a ajouté Mimmo Consales.

Des images diffusées par la télévision montrent un mur noirci par le feu près la grille d'entrée du lycée professionnel.

Les écoles de la région ont été fermées.

Une équipe d'enquêteurs et le procureur anti-mafia des Pouilles doivent se réunir dans la journée pour discuter des éléments recueillis sur place.

Le président du Conseil, Mario Monti, qui participe au sommet du G8 à Camp David, aux Etats-Unis, a souligné la détermination de son gouvernement à combattre le crime "sous toutes ses formes".

Dans un communiqué, il précise que son gouvernement prendra toutes les mesures pour éviter que le pays ne soit replongé dans un passé de "subversion", marqué par les meurtres mafieux et les attentats politiques dus à des groupes extrémistes.

A Rome, le chef de l'Etat, le président Giorgio Napolitano, a aussi condamné l'attentat dans un communiqué.

François Hollande, le nouveau président français, également présent à Camp David, a dit "sa très grande émotion" à l'annonce de cet "odieux attentat".

A Paris, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a dénoncé un "lâche attentat" et assuré "le peuple italien et son gouvernement de tout le soutien de la France devant ce drame."

VAGUE D'ATTENTATS ANTI-AUSTERITÉ

La ministre italienne de l'Intérieur, Anna Maria Cancellieri, a déclaré que la piste de la mafia ne pouvait être exclue, en raison notamment du nom de l'école visée, mais elle s'est voulue prudente en l'absence d'éléments concrets.

Elle a annoncé il y a quelques jours un plan de renforcement de la sécurité autour de plusieurs lieux sensibles y compris les bâtiments officiels après une série de menaces contre des agences du fisc.

Equitalia, agence chargée de la perception des impôts et du recouvrement des amendes, a été visée par plusieurs petites explosions dans un contexte de colère croissante contre la politique d'austérité et contre la hausse des impôts décidée pour lutter contre la crise de la dette.

Roberto Adinolfi, président d'Ansaldo Nucleare, filiale du groupe Finmeccanica spécialisé dans la technologie de défense, a été blessé d'une balle dans la jambe le 7 mai. L'attentat a été revendiqué par un groupe anarchiste.

Le PDG de Finmeccanica, Giuseppe Orsi, a lui-même été menacé de mort par l'organisation d'extrême-gauche italienne des Brigades rouges. Un message, "Mort à Orsi", et une étoile à cinq branches, symbole des Brigades rouges, ont été inscrits sur le mur d'un bureau de la filiale énergie du groupe, Ansaldo Energia, toujours à Gênes.

L'agression contre Adinolfi ainsi qu'une série d'attentats visant des bureaux d'Equitalia ont été revendiqués par la cellule Olga de la Fédération anarchiste informelle-Front révolutionnaire international.

Ces attaques ont ravivé les craintes d'une résurgence des violences des groupes extrémistes de gauche et de droite qui ont ensanglanté la péninsule pendant les années 1970 et 1980.

Avec James Mackenzie, Chine Labbé à Paris; Pierre Sérisier et Guy Kerivel pour le service français

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