Une juge se rend dans les locaux de PIP

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LA SEYNE-SUR-MER, Var (Reuters) - La juge d'instruction Annaïck Le Goff s'est rendue mercredi dans les locaux de la société Poly Implant Prothèse (PIP), au centre d'un scandale d'implants mammaires utilisant un gel non conforme, a constaté un journaliste de Reuters.

La juge, accompagnée de sa greffière, d'un substitut du procureur de Marseille et d'enquêteurs de la gendarmerie, s'est déplacée au siège social de l'entreprise, à La Seyne-sur-Mer (Var), et devait ensuite se rendre sur les anciens lieux de production, non loin de là, à Six-Fours.

La juge agit dans le cadre d'une information judiciaire pour "homicide involontaire et blessures involontaires" ouverte le 8 décembre par le parquet de Marseille.

Parallèlement, une enquête préliminaire a été ouverte pour des faits de "tromperie aggravée" dont devront répondre les principaux cadres de la société.

Le cap des 2.400 plaintes de porteuses d'implants mammaires PIP a été franchi dans cette enquête. Ouverte en mars 2010, elle été close le 10 octobre dernier et le procès devant le tribunal correctionnel de Marseille devrait s'ouvrir en octobre prochain.

Le procès doit concerner une demi-douzaine de personnes dont les principaux dirigeants de PIP, son fondateur Jean-Claude Mas en tête, ainsi que les cadres responsables de la production, selon une source proche du dossier.

Lors de ce procès, le cas individuel des victimes ne sera pas abordé. Le tribunal restera sur le cadre général de la tromperie aggravée, un délit passible de quatre années d'emprisonnement et de fortes amendes.

Vingt cas de cancers ont été signalés chez des femmes porteuses des prothèses PIP, selon un nouveau bilan en date du 28 décembre de l'Autorité française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps).

L'agence précise toutefois qu'aucun lien n'a été établi à ce jour entre ces cas de cancer et le port de ces implants. Le gouvernement a recommandé, par précaution, le 24 décembre, le retrait des implants PIP par les femmes concernées dont le nombre en France est estimé à 30.000.

Le plus important distributeur de produits chimiques au monde, l'Allemand Brenntag, a admis lundi avoir fourni du silicone industriel à la société PIP, qui l'a utilisé pour la fabrication d'implants mammaires dont le taux de rupture était anormalement élevé, selon des plaignantes.

Jean-Paul Pélissier avec François Revilla à Marseille, édité par Patrick Vignal

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