Une journée à hauts risques pour l'UMP débute dans la confusion

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JOURNÉE À HAUTS RISQUES POUR L'UMP
JOURNÉE À HAUTS RISQUES POUR L'UMP

PARIS (Reuters) - La journée où l'UMP va tenter de trouver une issue à la crise déclenchée par l'élection contestée de Jean-François Copé à sa présidence a débuté dimanche dans la confusion, avec la réunion d'une commission tenue contre l'avis du médiateur désigné, Alain Juppé.

Ce dernier, qui doit réunir dans la soirée Jean-François Copé et François Fillon, a estimé sur Europe 1 qu'il avait "peu de chances" de réussir.

Le lieu de la réunion qu'il va tenir avec les deux rivaux est même tenu secret, tant la tension a monté ces derniers jours au sein du principal parti d'opposition français, menacé d'implosion. Il s'agira d'un lieu "neutre", a dit Alain Juppé.

"S'ils n'acceptent pas (la médiation - NDLR), ce n'est pas un drame, ils se débrouilleront", a dit Alain Juppé. Il estime que si l'UMP ne parvient pas à sortir de la crise, il risque de laisser la première place de parti d'opposition à l'extrême droite.

"Si nous n'arrivons pas à rétablir la paix, la sérénité au sein du mouvement, nous risquons d'aller vers l'éclatement de l'UMP et qu'est-ce que ça veut dire ? Aux prochaines élections municipales, le parti qui arrivera en tête, c'est le Front national", a-t-il dit.

Un sondage publié par le Journal du dimanche montre que 71% des Français (67% pour les sympathisants UMP) souhaitent un nouveau vote des militants et 42% à peine (24% à l'UMP) estiment que l'affaire devrait aller devant la justice, piste évoquée par François Fillon.

Le dirigeant du parti centriste Union des démocrates et indépendants (UDI), Jean-Louis Borloo, estime que son mouvement centriste a vocation à prendre la direction d'une coalition avec l'UMP, dont la prétention à être un parti unique de la droite a selon lui vécu.

La commission des recours, dirigée par Yannick Paternotte, un proche de Jean-François Copé, s'est réunie dans la matinée et devait s'exprimer ensuite sur les recours déposés par les deux candidats contre le résultat proclamé par une autre commission interne.

Ce résultat donnait lundi une victoire à Jean-François Copé avec 98 voix d'avance sur plus de 150.000 votants.

Il est apparu ensuite que cette commission avait oublié les votes de trois fédérations d'outre-mer et que leur prise en compte inversait le résultat avec 26 voix d'avance pour François Fillon, selon ce dernier. Les deux camps s'accusent par ailleurs réciproquement de fraudes massives, François Fillon ayant même employé le terme de "mafia".

Alain Juppé, président-fondateur de l'UMP en 2002, a estimé que la composition de la commission des recours devait être modifiée, ce qui a été refusé. Il propose la création d'une nouvelle instance de quatre membres sous sa présidence, pour sortir de l'impasse, analyser les résultats et proposer une solution dans les quinze jours.

Thierry Lévêque

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