Une hausse des taux en Grande-Bretagne peut-être en 2015

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LES TAUX BRITANNIQUES POURRAIENT ÊTRE RELEVÉS EN 2015
LES TAUX BRITANNIQUES POURRAIENT ÊTRE RELEVÉS EN 2015

par David Milliken et Ana Nicolaci da Costa

LONDRES (Reuters) - La Banque d'Angleterre (BoE) a laissé entendre mercredi qu'une première hausse des taux pourrait n'intervenir qu'en 2015 et a fortement revu en hausse ses prévisions de croissance pour les trois années à venir.

Dans son rapport trimestriel sur l'inflation, la BoE indique que les marchés partent sur l'hypothèse d'une première hausse des taux au deuxième trimestre 2015.

Cette opinion est effectivement partagée par un grand nombre d'investisseurs. Une enquête Reuters réalisée dans la foulée des annonces de la BoE montre que, sur 39 économistes interrogés, une majorité est d'accord avec la prévision d'un premier relèvement de taux au deuxième trimestre 2015 et, pour 30 d'entre eux, le "Bank Rate" devrait être ramené à 2% d'ici trois ans.

Ils sont en revanche 32 à juger trop optimiste la prévision d'une croissance à deux chiffres de l'investissement des entreprises retenue par la BoE.

La banque centrale souligne que le relèvement des taux sera progressif et s'arrêtera sans doute bien en deçà de 5%, la moyenne qui prévalait avant la crise financière.

Le sterling a inscrit un pic de deux semaines face au dollar et les cours des "gilts" (emprunts souverains britanniques) ont baissé après les annonces de la BoE.

"Malgré la forte baisse du chômage, il reste possible d'absorber des capacités inemployées avant d'augmenter les taux", écrit la BoE dans son rapport, comptant employer plusieurs outils pour mesurer ces capacités.

"Lorsque le taux d'intervention commencera vraiment à monter, la trajectoire appropriée pour éliminer les points de faiblesse (de l'économie) dans les deux à trois années à venir et conserver une inflation proche de l'objectif sera sans doute progressive."

L'économie britannique croît à un rythme annualisé de 3% depuis août mais le PIB reste inférieur de deux points au pic atteint en 2008, à la différence d'autres économies développées qui ont à présent largement rattrapé le manque à gagner causé par la crise financière.

Pour 2014, la BoE a revu à 3,4% sa prévision de croissance contre 2,8% anticipés en novembre, estimant que l'Office national de la statistique a sous-estimé la croissance du PIB du quatrième trimestre. Elle prévoit 2,7% de croissance en 2015 (2,3% en novembre) et 2,8% en 2016 (2,5%).

"LES ENTREPRISES ONT COMPRIS LE MESSAGE"

L'institut d'émission a dû préciser quand et de quelle manière il entendait relever les taux après une baisse exceptionnellement forte du chômage depuis l'inauguration de la pratique de communication avancée ("forward guidance") en août.

Peu après son arrivée à la tête de la BoE, le gouverneur Mark Carney s'était engagé à observer le statu quo sur les taux tant que le taux de chômage ne serait pas retombé à 7%.

La BoE pensait alors qu'il faudrait trois ans pour cela. A peine six mois plus tard, il est à 7,1% et, selon la banque centrale, il baisserait encore à 6,5% d'ici le début 2015.

"La communication avancée marche", a dit Mark Carney en conférence de presse. "Les anticipations de taux d'intérêt sont restées basses même si l'économie s'est redressée vivement ; l'incertitude entourant les taux d'intérêt a diminué et, encore plus important, les entreprises britanniques ont compris le message."

Mark Carney a ajouté que la BoE surveillerait une large gamme d'indicateurs, dont le chômage, les indices PMI et la durée du travail pour évaluer l'opportunité de relever les taux.

Pour l'inflation, la BoE estime qu'elle tombera à 1,7% en mars avant de revenir près de l'objectif de 2% dans les deux prochaines années.

La BoE est cependant plus pessimiste qu'il y a trois mois pour la productivité car celle-ci ne suit pas le rythme de croissance de la production.

Wilfrid Exbrayat et Nicolas Delame pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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  • Ouakal le mercredi 12 fév 2014 à 21:26

    C'est en France qu'il faut une hausse des taux pour faire exploser la grosse bulle immobilière.Mais avec ou sans hausse des taux, j'ai bien l'impression que ça commence à "craquer" dans tous les sens....prix multiplié par 2....faut pas exagérer non plus !

  • patydoc le mercredi 12 fév 2014 à 14:27

    oh les gros menteurs