Une hausse de taux de la Fed créerait de l'instabilité-Bill Gross

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par Jennifer Ablan NEW YORK, 2 septembre (Reuters) - Le gourou des marchés obligataires Bill Gross, qui a longtemps appelé la Réserve fédérale à relever ses taux, a jugé mercredi que les banquiers centraux avaient peut-être laissé passer l'occasion de le faire cette année et qu'une normalisation aujourd'hui risquait d'accentuer l'instabilité financière. Dans son rapport sur les perspectives d'investissement de septembre, le gérant écrit qu'il n'est plus possible de se rapprocher d'un taux "neutre", qu'il estime plus proche de 2%, "sans affoler les marchés et créer de l'instabilité financière." Un taux "neutre" est un taux qui ne joue ni comme facteur de soutien ni comme frein à l'économie. La Fed semble vouloir relever le taux des Fed funds ce mois-ci, ne serait-ce que pour prouver qu'elle est capable d'engager le processus de normalisation de sa politique monétaire, selon le gérant du fonds Global Unconstrained Bond de Janus JUCAX.O . "C'est probable mais ils doivent faire tellement attention à ce qu'ils disent lors la réunion de septembre que l'annonce d'une hausse unique de taux est de plus en plus probable, au moins pour les six mois à venir", dit-il. "La Fed commence à reconnaître que six années de taux d'intérêt proches de zéro ont un impact négatif sur l'économie réelle -- cela détruit les modèles économiques historiques essentiels au bon fonctionnement du capitalisme tels que les fonds de pension, les compagnies d'assurance, et jusqu'à la volonté même d'épargner." Si l'épargne faiblit, l'investissement suivra, et avec lui la productivité à long terme dont on a constaté le déclin, non seulement aux Etats-Unis mais dans le monde entier, dit-il. Bill Gross suggère par ailleurs que les gouvernements devraient aller vers une augmentation des dépenses budgétaires plutôt que l'austérité, ajoutant les Etats doivent également admettre que les dévaluations compétitives ne font qu'accorder un répit temporaire au problème général d'une demande globale trop faible face à une offre globale trop importante. "Doit-on augmenter la demande? Oui, la Chine doit avancer plus rapidement vers une économie tirée par la consommation, mais le monde développé doit jouer sa partie en arrêtant de mettre l'accent sur une austérité budgétaire destructrice et commencer à remplacer ses infrastructures vieillissantes, ce qui a été repoussé pendant des décennies", écrit Bill Gross. Globalement, les "méga" mouvements d'août sur les marchés d'actions dans le monde sont un des signes montrant que quelque chose "ne va pas" dans l'économie mondiale, au-delà de la Chine. Les politiques monétaires et budgétaires en cours dans le monde ne sont pas constructives, ni créatrices de croissance, et ne sont pas près de l'être, dit Bill Gross. "Si c'est le cas, alors les plus-values sur actions et les rendements des futures devraient être limités, sinon orientés en baisse." Bill Gross souligne que le "cash" est roi sur les marchés. "Le monétaire ou encore mieux le quasi-monétaire tels que les obligations à un ou deux ans sont ce que je vois comme meilleure idée en matière d'investissement en ce qui concerne le rapport risque-rendement", écrit le gérant. Les marchés des obligations de qualité offrent peu de rendement en regard du risque, a-t-il dit, ajoutant que ceux du capital-investissement et des fonds spéculatifs ne pourront pas prospérer bien longtemps si la croissance reste anémique. (Juliette Rouillon pour le service français, édité par Bertrand Boucey)

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