Une fin d'année sous le signe de l'incertitude à Wall Street

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UNE FIN D'ANNÉE SOUS LE SIGNE DE L'INCERTITUDE À WALL STREET
UNE FIN D'ANNÉE SOUS LE SIGNE DE L'INCERTITUDE À WALL STREET

par Rodrigo Campos

NEW YORK (Reuters) - La traditionnelle trêve des confiseurs, marquée par une activité habituellement calme, pourrait cette année tourner au cauchemar pour les traders et la classe politique américaine, si Washington ne parvient pas avant le 31 décembre à débloquer l'impasse du "mur budgétaire", qui menace l'économie américaine.

Barack Obama et les républicains doivent s'entendre d'ici le 31 décembre afin d'éviter une hausse des impôts et une baisse des dépenses fédérales, toutes deux automatiques, qui pourraient priver l'économie américaine de 600 milliards de dollars et créer un choc susceptible de plonger l'économie américaine dans la récession.

Les inquiétudes ont été alimentées cette semaine par l'échec du président de la Chambre des représentants, le Républicain John Boehner, à convaincre jeudi l'ensemble des membres de son parti de voter pour un "plan B", censé accentuer la pression sur Barack Obama et lui arracher des concessions.

Ce plan de secours consistait à prolonger les exonérations d'impôts pour tous les contribuables, excepté pour les revenus annuels supérieurs à un million de dollars.

En dépit d'un recul des marchés à Wall Street au lendemain de cet épisode, les Bourses ont plutôt bien résisté cette semaine, l'indice S&P 500, qui a gagné 1,2%, postant même sa meilleure performance hebdomadaire en quatre semaines. Le Dow Jones a de son côté progressé de 0,4% et le Nasdaq 1,7%.

Sur l'année, au 24 décembre, le Dow a gagné 8%, le S&P 500 13,7% et le Nasdaq 16%.

"Les marchés tablent finalement toujours sur un accord", commente Sandy Lincoln, stratège des marchés chez BMO Asset Management à Chicago.

FAIBLES VOLUMES D'ÉCHANGES

Si un accord venait effectivement à être trouvé la semaine prochaine, Wall Street aurait peu de temps pour absorber la nouvelle, les marchés étant fermés lundi après-midi et mardi.

Les volumes d'échanges devraient en outre chuter le restant de la semaine, comme chaque année à cette période.

"Les volumes seront bas cette semaine. Il ne devrait pas y avoir grand chose d'autre que le "mur budgétaire" pour faire les gros titres", commente Joe Bell, analyste des marchés chez Schaeffer Investment Research.

En cas d'échec des négociations, la publication de statistiques macroéconomiques pourrait contribuer à freiner les pertes, à condition que celles-ci aillent dans le sens d'une amélioration plus marquée que prévu de l'économie américaine, comme ce fut le cas au cours des dernières publications. Sont attendus en particulier les inscriptions au chômage, l'indice PMI de Chicago ou encore la confiance du consommateur américain.

Les valeurs du secteur de la défense devraient enfin être particulièrement suivies par les investisseurs. La question des dépenses publiques allouées à la défense étant l'un point clé des discussions budgétaires, l'indice du secteur PHLX de qui a atteint un plus haut historique jeudi, pourrait de nouveau réagir à l'évolution des négociations.

Catherine Monin pour le service français

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