Une filière géothermique voit le jour en France

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ROQUEFORT, Lot-et-Garonne, 25 septembre (Reuters) - La future plus importante centrale électrique géothermique de France est en gestation près de Pau (Pyrénées-Atlantiques) à l'initiative d'un consortium de PME préfigurant une véritable filière géothermique nationale toujours à construire. Ce projet piloté par le groupe Fonroche, l'un des leaders français des énergies renouvelables dont le siège est situé à Roquefort (Lot-et-Garonne), devrait aboutir aux premiers forages en 2017 et à la production dès 2018 ou 2019. Seul projet retenu dans le cadre de l'appel à manifestation d'intérêt de l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie), le chantier de Lons coûtera 80 millions d'euros, dont près de 30 millions d'euros d'aides, et repose sur la géothermie profonde, à environ 5.800 mètres. "Ce n'est pas une technologie nouvelle. Elle est déjà utilisée à l'étranger et nous allons nous-mêmes la mettre en pratique dans six mois en Alsace", a déclaré à Reuters Yvan Maus, PDG du groupe Fonroche. "Mais dans le Béarn on sera aux environs de 6.000 mètres de profondeur alors qu'en Alsace ce sera de l'ordre de 4.000 mètres." Ce qui implique d'utiliser des matériels de forage habituellement utilisés pour le pétrole qui vont permettre de remonter une eau dont la température est de l'ordre de 160 à 200 degrés, et de produire 5,5 MW d'électricité et de chaleur. Membre du consortium, Enertime fournira la technologie de production d'électricité et de chaleur grâce à des centrales à vapeur. L'énergie permettra d'alimenter ensuite des entreprises des zones industrielles voisines et de l'habitat. Il s'agit aussi d'expérimenter une technologie française pouvant ensuite s'exporter dans le monde. "C'est une énergie renouvelable qui produit 365 jours sur 365, ne pollue pas, ne prend pas de place, n'entraîne aucune nuisance et aucune déperdition de la matière première", précise Yvan Maus, ajoutant que l'eau remontée et utilisée en circuit fermé ne vient pas des nappes phréatiques. Fonroche, qui a une dizaine de projets de géothermie en cours de développement, se dit prêt à investir 400 millions d'euros d'ici 2025 pour créer une véritable filière nationale, un secteur dans lequel la France en est aux balbutiements alors que le potentiel mondial est estimé à 200.000 MW d'électricité sur les 50 prochaines années, dont 800 MW en Europe. (Claude Canellas, édité par Yves Clarisse)

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