Une femme, le Brésil et le cosmos s'alignent en front de mer

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Avec une grâce infinie, Kleber Filho Mendonça dessine dans « Aquarius », à travers le portrait d’une critique musicale obstinée, une carte de l’état du monde.

L’avis du « Monde » – chef-d’œuvre En deux heures et demie de projection, quelques semaines dans la vie d’une femme de bientôt 70 ans, en passe de se faire expulser de son appartement, sont devenues une carte du ciel, une fresque historique. Aquarius, deuxième long-métrage du réalisateur brésilien Kleber Filho Mendonça, se dévoile comme un portrait de femme, se déploie comme une méditation sur le temps et l’action, se résout comme un traité de l’art de la guerre. Cette richesse inépuisable, cette complexité lumineusement détaillée n’empêchent pas le film de couler avec grâce.

La carte du ciel d’abord : l’astre autour duquel elle tourne s’appelle Clara. Un court et dense prologue la montre dans une trentaine radieuse, jeune mère, épouse subjuguante. On la retrouve au même endroit, dans un appartement qui donne sur la baie de Recife, une quarantaine d’années plus tard. Clara, qui a maintenant les traits de la star brésilienne Sonia Braga, vit seule dans les grandes pièces inondées de lumière. Critique musicale retraitée, on la voit édifier de jeunes journalistes sur les mérites respectifs du vinyle (les murs en sont couverts) et des fichiers numériques, avant de retourner à sa solitude.

Peu à peu, Kleber Mendonça fait passer les satellites de Clara dans le champ. Ladjane (Zoraide Coleto), la bonne avec laquelle la maîtresse des lieux entretient un rapport d’affection et de domination ; le maître-nageur de la plage délicieusement prénommé Roberval (et de fait, ce sera finaleme...

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