Une fausse plaque d'immatriculation est "facile à obtenir"

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Sto/shutterstock.com
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(AFP) - Se procurer une fausse plaque d'immatriculation est "facile" en France, estime le magazine Auto Plus daté de lundi, dont des journalistes ont fait fabriquer sans difficulté une copie de la plaque la voiture officielle de François Hollande.

"Pas étonnant que les cas d'usurpation flambent, tant il est enfantin de se procurer un faux jeu de plaques", écrit le magazine.

Ses journalistes en ont commandé auprès de huit sites internet. "Six sur huit nous ont livré nos fausses plaques dans la semaine, sans la moindre vérification de documents", révèle le journal. Deux autres sites ont réclamé des justificatifs, et un seulement a refusé d'éditer des plaques face à un certificat d'immatriculation "contrefait et incohérent".

Quant aux professionnels hors internet (garagistes, centres-auto, cordonniers), sur les dix testés, tous ont refusé de délivrer une plaque sans justificatif. Avec une copie de carte grise et un numéro d'immatriculation bidon, un sur dix a refusé de fournir les plaques.

Enfin, avec un faux certificat provisoire d'immatriculation, tous les professionnels ont accepté d'éditer des plaques frauduleuses. "Les éditeurs de plaques ne sont pas formés à reconnaître les faux documents, cela ne fait pas partie de leur métier", constate Auto Plus.

"Aujourd'hui, faire faire une fausse carte grise ou usurper des plaques est à la portée de n'importe quel individu mal intentionné", ajoute le magazine, qui appelle l'État à "légiférer au plus vite pour un meilleur contrôle de la vente des plaques".

"Pourquoi diable tolérer qu'elles soient si aisément falsifiables?", s'interroge Auto Plus, dont les journalistes ont pu facilement copier une plaque assez particulière: "Nous avons commandé des plaques avec un numéro +sensible+, celui de la Citroën DS5 de François Hollande. Et nous les avons, hélas, obtenues sans difficulté".

Les usurpations de plaques ou "doublettes" ont augmenté de 40% entre 2009 et 2010. Selon les assurances, il y aurait entre 300.000 et 400.000 fausses plaques en circulation.

Dans le cas d'un PV injustifié pour excès de vitesse, les clichés pris par les radars peuvent servir de preuves pour identifier le véritable conducteur.

Mais dans le cas d'une contravention pour stationnement, il peut s'avérer compliqué de produire les justificatifs prouvant qu'on n'était pas sur les lieux.

En novembre, le gouvernement avait annoncé préparer un dispositif pour améliorer la défense des automobilistes victimes d'usurpation de plaques, mais ne comportant rien sur le contrôle de l'édition desdites plaques.

mba/nm

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