Une fatwa de l'Etat islamique autorise le prélèvement d'organes

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    par Warren Strobel, Jonathan Landay et Phil Stewart 
    WASHINGTON, 25 décembre (Reuters) - Des documents récupérés 
par les forces spéciales américaines lors d'un raid mené en 
Syrie prouvent que le groupe djihadiste Etat islamique (EI) a 
autorisé le prélèvement d'organes, suggérant que l'organisation 
d'Abou Bakr al Baghdadi alimente le trafic international. 
    Une fatwa datée du 31 janvier 2015 édictée par l'EI indique 
qu'il est admis de prélever des organes "sur le corps d'un 
apostat" pour sauver la vie d'un musulman. 
    Cet édit, selon la traduction qui en a été faite par les 
services fédéraux américains, indique même qu'il n'est pas 
interdit de retirer des tissus ou des organes sur un captif, 
même si l'opération conduit à sa mort. 
    L'agence Reuters, qui s'est procurée ce texte, n'est pas en 
mesure d'en confirmer l'authenticité. Mais des responsables de 
l'administration américaine ont indiqué qu'il se trouvait parmi 
des documents découverts par les forces spéciales lors d'un raid 
mené en mai dernier dans l'est de la Syrie. 
    "La vie et les organes de l'apostat n'ont pas à être 
respectés et peuvent être impunément retirés", peut-on lire dans 
ce texte émanant de la "commission des recherches et des fatwas 
de l'Etat islamique". 
    La fatwa n°68 ne stipule pas explicitement que le trafic 
d'organes est autorisé. Mais elle apporte des justifications 
présentées comme religieuses à une pratique dont le gouvernement 
irakien a accusé le groupe djihadiste. 
    Elle figure parmi une vaste base de données sur laquelle les 
forces spéciales américaines ont mis la main lors du raid mené 
dans la province de Daïr az Zour qui a abouti à la mort du 
Tunisien Abou Sayyaf, considéré comme l'un des principaux 
financiers du groupe, et la capture de son épouse. 
    Selon le Pentagone, Abou Sayyaf codirigeait les opérations 
financières, pétrolières et gazières de l'EI. (voir 
 ID:nL5N0Y70EB ) 
     
    SEPT TÉRAOCTETS DE DONNÉES 
    Interrogé par Reuters, Brett McGurk, envoyé spécial de 
Barack Obama auprès de la coalition mise en place par le 
président américain pour combattre l'Etat islamique, a précisé 
que les forces américaines avaient alors récupéré sept 
téraoctets de données stockées sur des disques durs, des clés 
USB, des CD, des DVD ou des documents imprimés. 
    Ce n'est pas la première fois que l'existence de ce trésor 
d'informations sur le fonctionnement interne de l'organisation 
islamiste est portée à la connaissance de l'opinion. En 
revanche, aucun de ces textes n'avait jusqu'à présent été rendu 
public hormis des documents liés au trafic d'antiquités. 
    Une autre fatwa découverte à cette occasion, la n°64 datée 
du 29 janvier 2015, encadre le viol et précise quand les hommes 
de l'EI peuvent ou ne peuvent avoir des relations sexuelles avec 
des femmes réduites à l'état d'esclaves. 
    D'après McGurk, la "commission des recherches et des fatwas 
de l'Etat islamique" est placée sous l'autorité directe d'Abou 
Bakr al Baghdadi, qui s'est autoproclamé "calife" au début de 
l'été 2014. 
     
    LIEN 
    Pour retrouver la traduction par le gouvernement fédéral 
américain de la fatwa n°68: 
    http://graphics.thomsonreuters.com/doc/document.pdf 
 
 (Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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