Une faille pointée dans l'affaire des paris de handball

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LA DÉFENSE AVANCE UNE POSSIBLE FAILLE DANS L'AFFAIRE DU MONTPELLIER HANDBALL
LA DÉFENSE AVANCE UNE POSSIBLE FAILLE DANS L'AFFAIRE DU MONTPELLIER HANDBALL

par Jean Décotte

TOULOUSE (Reuters) - Des avocats de la défense ont mis en avant lundi une possible faille juridique dans les accusations d'escroquerie portées à l'encontre de joueurs du Montpellier Handball, même si les conséquences de cette éventuelle brèche font débat parmi les acteurs de l'affaire.

Au début du mois, treize personnes dont Nikola Karabatic, maître à jouer de l'équipe de France, ont été mises en examen pour "escroquerie" dans cette affaire de match présumé truqué qui éclabousse le club phare du handball français.

Les personnes mises en cause sont soupçonnées d'avoir empoché un total de gains supérieur à 250.000 euros après avoir parié sur un résultat défavorable de Montpellier face à Cesson-Sévigné (Ille-et-Vilaine) en championnat de France le 12 mai dernier.

Me Luc Abratkiewicz et Me Isabelle Monsenego, qui défendent l'ancien joueur montpelliérain Mladen Bojinovic, comptent plaider "dans les prochaines semaines" devant la chambre de l'instruction la nullité de la mise en examen de leur client.

Selon eux, au moment du match, seuls les paris en ligne étaient proscrits dans les règlements de la Fédération française de handball et de la Ligue nationale de handball et rien n'interdisait donc de parier chez un buraliste, comme cela a été le cas.

"ÇA AFFAIBLIT L'ACCUSATION"

"Le jour où le match Montpellier-Cesson a été joué, les dispositions de la loi de 2010 étaient abrogées, les dispositions de la loi de 2012 n'étaient pas encore intégrées dans le règlement (de la fédération), donc rien ne leur interdisait de miser", a déclaré à Reuters Me Luc Abratkiewicz, confirmant des informations du site internet du journal Le Point.

"Si j'arrive à établir que ce que l'accusation reproche aux joueurs, c'est d'avoir parié de façon illicite et de s'être groupés, de s'être téléphonés pour parier ensemble dans le cadre d'un pacte de corruption, où est le pacte de corruption s'ils ont le droit de parier ?", s'interroge-t-il.

Dans ce cas de figure, il ne resterait dans le dossier que l'accusation de match truqué, mais Me Abratkiewicz estime qu'il reviendra au parquet d'en faire la preuve sans utiliser les paris comme éléments à charge.

"Il reste le match truqué mais ça veut dire pour l'accusation apporter des actes positifs démontrant l'escroquerie", pointe l'avocat.

"Dans cette escroquerie qu'on nous reproche, on nous reproche un faisceau d'indices. Et dans ce faisceau, il y a les paris. Et si on enlève les paris, ça affaiblit considérablement l'accusation."

D'autres acteurs de l'affaire jugent pour leur part que le dossier ne devrait pas s'écrouler pour cette seule raison.

"L'enjeu pénal pour l'accusation, c'est de savoir si les joueurs ont truqué. A la limite, on se moque de savoir s'ils ont parié ou pas, mais truquer un match, c'est de l'escroquerie, ça vise à soutirer de l'argent à la Française des Jeux", souligne Franck Nicolleau, qui défend le gardien montpelliérain Primoz Prost.

"Il me semble impossible que ça fasse tomber la procédure pénale", juge l'avocat.

Ce débat intervient alors que la demande d'assouplissement du contrôle judiciaire appliqué à cinq joueurs du club héraultais, dont Nikola Karabatic et son frère Luka, doit être examinée mardi par la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Montpellier.

Ce contrôle judiciaire empêche les joueurs mis en examens de communiquer avec les autres membres du club montpelliérain, donc de fait d'exercer leur métier de handballeurs.

Edité par Grégory Blachier

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