Une évacuation US des Yazidis du Sinjar peu probable-Pentagone

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(Actualisé avec précisions, mise en contexte) par Arshad Mohammed et Jeff Mason WASHINGTON/EDGARTOWN, Massachusetts, 14 août (Reuters) - Une évacuation par les Etats-Unis des Yazidis qui se sont réfugiés dans les montagnes du Sinjar en Irak pour fuir les djihadistes de l'Etat islamique apparaît peu probable après l'envoi d'une mission sur le terrain montrant que la situation n'est pas aussi grave que prévu, a annoncé le Pentagone. L'équipe envoyée mercredi en reconnaissance, composée de militaires et de personnel humanitaire, a constaté qu'il y avait beaucoup moins de Yazidis au mont Sinjar que ce que l'on craignait et qu'ils étaient en meilleure santé que prévu, déclare le Pentagone dans un communiqué. A partir de cette évaluation, poursuit le Pentagone, "une mission d'évacuation est nettement moins probable". Le département de la Défense attribue cette bonne surprise à l'eau et aux rations alimentaires larguées sur le terrain, aux frappes aériennes américaines ciblées contre les djihadistes sunnites, aux efforts des combattants "peshmerga" kurdes et au fait que plusieurs milliers de Yazidis, cette minorités kurdophone non musulmane, aient pu quitter les montagnes ces dernières nuits. Les Etats-Unis avaient auparavant indiqué ne pas exclure d'utiliser des troupes au sol pour exfiltrer les civils piégés dans les montagnes par les islamistes, mais avaient précisé que les militaires n'engageraient pas le combat. La petite équipe de la mission de reconnaissance comprenait moins de 20 personnes. Alors qu'il faisait encore nuit, elle s'est rendue au mont Sinjar où plusieurs milliers de personnes, notamment des membres de la communauté des Yazidis, se sont réfugiés dans les montagnes pour échapper aux djihadistes sunnites de l'Etat islamique, a précisé un responsable américain. Toute l'équipe est rentrée sans encombre par voie aérienne à Erbil, la capitale de la région autonome du Kurdistan irakien. PAS UN RÔLE DE COMBAT Les Etats-Unis ont envoyé 130 militaires américains à Erbil pour établir une série d'options, qui vont de la création d'un corridor humanitaire à un pont aérien, pour sauver ceux qui sont assiégés au mont Sinjar depuis plus d'une semaine. Les 130 militaires ont à leur disposition quatre V-22 Osprey, appareils hybrides entre l'avion de transport et l'hélicoptère, qui peuvent décoller et atterrir verticalement, a indiqué le Pentagone. "Ces 130 personnes n'auront pas un rôle de combat en Irak", a déclaré à la presse Ben Rhodes, conseiller adjoint à la sécurité nationale auprès du président des Etats-Unis. Ben Rhodes, qui se trouvait avec les journalistes qui voyagent avec Barack Obama en vacances sur l'île de Martha's Vineyard dans le Massachusetts, a rappelé que le président avait à plusieurs reprises "exclu de renvoyer les forces américaines pour participer aux combats sur le terrain en Irak." "Il y a plusieurs manières par lesquelles nous pouvons soutenir le retrait de ces personnes de la montagne en toute sécurité", a-t-il toutefois ajouté. L'idée, a dit le conseiller, est de travailler avec les forces kurdes dans la région et avec l'armée irakienne. Les combattants kurdes ont déjà aidé plusieurs milliers de Yazidis à s'échapper vers des zones plus sûres dans le nord. Le colonel Steve Warren, un des porte-parole du Pentagone, a déclaré mercredi que les frappes aériennes, combinées aux opérations des Peshmerga, avaient "ralenti, voire stoppé" les attaques contre les familles terrifiées qui ont fui dans les montagnes. Selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), 400.000 personnes environ ont fui, des Yazidis, mais aussi des chrétiens, et d'autres minorités. Pour leurs opérations d'aides aux populations en fuite, les agences des Nations unies se sont établies dans la région de Dohouk près des frontières syriennes et turques. (Arshad Mohammed et David Alexander; Danielle Rouquié pour le service français)

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