Une entreprise jugée responsable de la surdité d'un porcher

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UNE ENTREPRISE D'ÉLEVAGE PORCIN JUGÉE RESPONSABLE DE LA SURDITÉ D'UN EMPLOYÉ
UNE ENTREPRISE D'ÉLEVAGE PORCIN JUGÉE RESPONSABLE DE LA SURDITÉ D'UN EMPLOYÉ

STRASBOURG (Reuters) - Un tribunal des affaires de sécurité sociale a reconnu mercredi la "faute inexcusable" d'une entreprise d'élevage porcin responsable de la surdité qui a frappé l'un de ses employés, a-t-on appris auprès des proches de ce dernier et de l'entreprise.

Serge Personeni, à 59 ans, est sourd à 40% d'une oreille, à 50% de l'autre, et souffre de troubles de l'équilibre, a expliqué à Reuters sa femme, Arlette après la décision de la juridiction compétente de Lons-le-Saunier (Jura).

Il a été placé en invalidité en 2008 après sept années dans l'entreprise Pelizzari où il soignait les 3.500 cochons répartis dans quatre porcheries différentes, sans protection auditives, en dépit d'un niveau de bruit mesuré entre 90 et 110 décibels.

La législation impose à l'employeur de prendre des mesures de protection dès lors que le bruit dépasse les 85 décibels.

"Les machines à soupe - qui préparent la pitance des suidés - atteignaient 120 à 135 décibels", a ajouté son épouse.

L'inspection du travail avait jugé les conditions de travail du porcher "contraires à la dignité humaine", a indiqué à Reuters Annick Ragueneau, juriste de la Fédération nationale des accidentés du travail et handicapés du Jura, qui l'a défendu.

"M. Personeni travaillait six jours sur sept, quatorze heures par jour et six heures le dimanche", a-t-elle précisé.

La reconnaissance de la faute inexcusable de l'employeur permet à l'ancien salarié de bénéficier d'une rente de maladie professionnelle d'un niveau maximum et de bénéficier d'indemnités complémentaires.

L'entreprise, dont la direction actuelle n'est plus celle qui est mise en cause par le jugement, "envisage sérieusement de faire appel", a indiqué son avocat, Me Frédéric Renaud.

Pelizzari conteste sa responsabilité en notant que Serge Personeni avait travaillé précédemment pendant 25 ans comme bûcheron, un métier également exposé au bruit.

Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse

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