Une enquête va être ouverte dans l'affaire Garner

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(Actualisé avec décision du maire de New York, nouvelles manifestations) CLEVELAND, Ohio, 4 décembre (Reuters) - Le policier new-yorkais responsable de la mort d'un père de famille noir lors d'une interpellation l'été dernier va faire l'objet d'une enquête en bonne et due forme, a promis jeudi le ministre américain de la Justice, Eric Holder. Comme à Ferguson, dans le Missouri, où l'agent blanc qui a tué Michael Brown le 9 août a été relaxé, un grand jury new-yorkais a estimé mercredi qu'il n'y avait pas matière à inculper le policier impliqué dans la mort d'Eric Garner, en juillet à Staten Island, ce qui a donné lieu à des manifestations le jour même et ce jeudi. S'exprimant à Cleveland dans l'Ohio, l'Attorney General a assuré que l'enquête serait exhaustive et impartiale. "Des poursuites seront engagées" si nécessaire, a-t-il ajouté. Face au mécontentement soulevé par la décision du grand jury, la justice new-yorkaise a décidé de publier certains éléments de la procédure qui a conduit à l'abandon des charges contre le policier blanc. A la demande du procureur local, le juge Stephen Rooney de Staten Island a indiqué que les membres du grand jury avaient entendu 50 témoignages et examiné 60 documents et pièces à conviction avant de prendre leur décision. Les faits, qui ont été filmés par un passant et diffusés sur internet, se sont déroulés le 17 juillet dernier lors de l'interpellation d'Eric Garner, un père de famille noir sans arme, qui était soupçonné de revendre des cigarettes. L'homme obèse et asthmatique est plaqué au sol par plusieurs policiers. On l'entend clairement affirmer à celui qui l'étrangle qu'il ne parvient plus à respirer. Après avoir perdu connaissance, il est évacué vers un hôpital où son décès est constaté. Daniel Pantaleo, le policier mis en cause, a présenté ses excuses à la famille d'Eric Garner mais la veuve de ce dernier les a refusées. SYSTÈME QUI NE FONCTIONNE PLUS Conscient de l'émoi provoqué par cette affaire et celle de Ferguson, Eric Holder a jugé nécessaire de restaurer la confiance de la population américaine à l'égard des forces de l'ordre. Il présentait les conclusions d'une enquête ouverte en mars 2013 à Cleveland, qui a été relancée le mois dernier par la mort d'un enfant de douze ans tué par la police alors qu'il jouait avec un pistolet factice. L'enquête en question a conclu à un recours excessif et systématique à la force. A New York, le maire Bill de Blasio, qui a pris ses fonctions au début de l'année en promettant d'améliorer les relations entre la police et les minorités, a annoncé que tous les agents de la ville allaient suivre un nouveau cycle de formation. "Les gens doivent savoir que la vie des noirs et des métis compte autant que celle des blancs", a-t-il souligné. Plusieurs milliers de personnes ont défilé mercredi soir à Manhattan, où la police a procédé à 83 arrestations. D'autres manifestations ont eu lieu à Oakland, en Californie, ainsi qu'à Washington, à Denver et à Minneapolis. Quelques centaines de manifestants se sont encore rassemblés jeudi soir à New York et plusieurs dizaines ont perturbé le trafic à Minneapolis, mais aucun débordement n'a été signalé. Les organisations de défense des droits civiques ont demandé la désignation d'un procureur fédéral spécial pour enquêter sur les affaires présumées d'abus commis par des policiers. "Nous voulons que le département de la Justice reconnaisse le fait que le système ne fonctionne plus quand il s'agit des relations entre la police et les personnes de couleur", a dit le révérend Al Sharpton. (Jospeh Ax, Fiona Ortiz, Frank McGurty et Sascha Brodsky; Pierre Sérisier et Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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