Une enquête judiciaire en France pour établir l'itinéraire d'Amri

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 (Actualisé avec Falcone dans Le Journal du Dimanche) 
    PARIS, 24 décembre (Reuters) - Le procureur de la République 
de Paris a ouvert une enquête pour déterminer l'itinéraire du 
principal suspect de l'attentat de Berlin, abattu vendredi à 
Milan, a annoncé Bruno Le Roux, qui appelle à "la plus grande 
prudence" sur les informations faisant état de son passage par 
la France. 
    Dans une brève déclaration à la presse, le ministre français 
de l'Intérieur, qui fait face à une salve de critiques de 
l'opposition sur les contrôles frontaliers au sein de l'espace 
Schengen, a affirmé que la sécurité avait été renforcée au soir 
de l'attentat de Berlin, lundi soir, aux frontières avec 
l'Allemagne, le Luxembourg et la Suisse. 
    "Il appartient maintenant aux différentes enquêtes, et 
notamment celle placée sous l'autorité du procureur de la 
République, d'établir précisément son itinéraire", a déclaré 
Bruno Le Roux. 
    "J'appelle à la plus grande prudence concernant les 
informations qui circulent actuellement, et je le répète, seules 
les enquêtes permettront d'établir précisément les faits", 
a-t-il souligné. 
    Anis Amri, le Tunisien de 24 ans recherché pour l'attentat 
meurtrier au camion-bélier sur un marché de Noël berlinois, a 
été abattu vendredi par la police italienne lors d'un contrôle 
d'identité à Milan. 
    Un billet de train retrouvé sur le suspect montre qu'il a 
effectué un trajet entre la France et Turin, a indiqué une 
source judiciaire italienne. Le jeune homme a ensuite pris un 
train régional pour se rendre dans la banlieue de Milan. 
    Selon des médias italiens, le billet mentionnait un départ 
de Chambéry (Savoie). 
    Europe 1 affirmait vendredi soir qu'Anis Amri serait passé 
par la gare de Lyon-Part-Dieu jeudi soir en direction de 
Chambéry, où il aurait acheté un billet pour Milan. 
    "Dès le soir de l'attentat de Berlin, nous avons pris les 
dispositions pour adapter nos dispositifs de sécurité. Le 
contrôle aux frontières a été renforcé au soir même du 19 
décembre sur les vecteurs routiers et ferroviaires de la 
frontière franco-allemande mais aussi luxembourgeoise et 
suisse", a dit Bruno Le Roux. 
    Le ministre a rappelé que "17" projets d'attentat avaient 
été déjoués en France cette année. 
    Dans un entretien à paraître samedi dans Le Journal du 
Dimanche, Jean-Marc Falcone, directeur général de la police 
nationale, précise que "la sous-direction anti-terroriste de la 
police judiciaire (...) procède à des vérifications poussées." 
    "Il s'agit notamment de déterminer très précisément si dans 
son périple, ce terroriste a pu transiter par notre territoire", 
confirme-t-il. 
    Il ajoute que les services français ne connaissaient pas 
Anis Amri. 
    Des "connexions" sont possibles entre djihadistes, en 
Allemagne et en France, "mais nous n'avons rien sur ce suspect 
qui permette de renvoyer à cela", déclare Jean-Marc Falcone. 
 
 (Gérard Bon et Sophie Louet) 
 
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