Une déroute en questions

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Une déroute en questions
Une déroute en questions

Le XV de France n'a pas existé contre la Nouvelle-Zélande à Cardiff. Les joueurs de PSA quittent la Coupe du monde dès les quarts de finale en concédant au passage l'une des plus lourdes déroutes contre les Blacks.

DE NOTRE ENVOYE SPECIAL A CARDIFF

Quelle était l'ambiance ?

Comme avant chaque match disputé au Millennium Stadium, les rues de Cardiff ont été envahies dès la matinée par une horde de supporters français, néo-zélandais, irlandais et argentins. Car ce week-end, c'est la fête du rugby dans la capitale galloise malgré la défaite du XV du Poireau contre l'Afrique du Sud à Londres. Un match regardé par une fan zone complète d'ailleurs. En revanche, les tribunes sont longtemps restées clairsemées. Il aura fallu attendre vingt minutes avant le coup d'envoi pour que le stade se remplisse enfin. L'ambiance est alors rapidement montée. Pour l'entrée des équipes bien sûr, les hymnes (avec une magnifique Marseillaise) puis le haka. Avec une question : les Français avaient-ils préparé une surprise, comme en 2007 et 2011 ? Non. Comme ils l'avaient annoncé, les joueurs de PSA n'ont rien réalisé de particulier face aux Blacks qui avaient sorti le Kapa o Pango pour l'occasion. Les Bleus, vêtus de rouge, sont restés groupés, en ligne. Prêts à souffrir comme leurs supporters évidemment stressés par le début de match puis la blessure de Michalak. Les chants français ont malgré tout résonné dans le Millennium mais les deux essais néo-zélandais en un quart d'heure de jeu ont jeté un froid. Heureusement, l'essai de Louis Picamoles à la 35eme minute a redonné de l'espoir. Mais quelques minutes seulement puisque Savea a gonflé le score avant la mi-temps (29-13). Les 71 619 spectateurs ont ensuite assisté à une magnifique balade des Blacks qui ont écrasé une équipe de France à la dérive.

Le score est-il logique ?

Oui. Il n'y a pas eu photo entre les deux derniers finalistes. Après avoir réalisé des prestations mitigéss lors de la phase de poules, les All Blacks ont sensiblement élevé leur niveau de jeu pour passer neuf essais à leurs adversaires du jour. Les amateurs de rugby se sont régalés. Pas les hommes de Philippe Saint-André évidemment. Rapidement privés de Frédéric Michalak, les Français sont tout simplement tombés sur bien meilleurs qu'eux. A l'image d'un Julian Savea digne de Jonah Lomu, auteur d'un triplé et d'un match monstrueux, les champions du monde en titre ont fait des ravages sur leur passage. Noa Nakaitaci et Scott Spedding, balayés avant la mi-temps comme dans un jeu de quilles, ne diront pas le contraire. Bien sûr les ballons perdus en touche par les Français ont pesé dans le match mais la différence était immense ce samedi. La marée noire a laminé cette équipe de France bien trop tendre. A chaque accélération, à chaque temps de jeu et à chaque inspiration, les joueurs de Steve Hansen ont été étincelants. Des tribunes, on a eu mal pour ces Français et le temps a paru interminable... Pour retrouver une telle déroute, il faut remonter à la tournée de 2007 lorsque les Français s'étaient envolés sans leurs meilleurs joueurs. Les Blacks avaient corrigé les joueurs de Bernard Laporte, en inscrivant là aussi neuf essais (61-10). Pour la plus grosse raclée française face à la Nouvelle-Zélande.

Qui a gagné le duel des capitaines ?

C'était l'un des duels les plus attendus. Un affrontement entre les deux capitaines et deux des meilleurs joueurs de la planète. Richie McCaw (34 ans, 145 sélections avant ce match, un record) contre Thierry Dusautoir (33 ans, 79 sélections) opposés pour la septième et dernière fois, une nouvelle fois Cardiff. Là où Dusautoir est devenu le Dark Destroyer en 2007. Pour sa douzième titularisation face aux Blacks, égalant ainsi le record de Serge Blanco, le Toulousain a d'abord donné de la voix à l'échauffement pour haranguer ses partenaires. Dans le jeu, il a été sanctionné assez sévèrement à la 6eme minute, permettant à la Nouvelle-Zélande d'ouvrir le score. McCaw a lui aussi été pénalisé après avoir été pris en position de hors-jeu (14eme). Cela aurait dû être encore le cas à la 32eme minute sur un regroupement dans les 22 mètres néo-zélandais mais Nigel Owens a été particulièrement clément. Cela n'a évidemment pas été la seule fois puisque, comme d'habitude, il a été régulièrement à la limite. Voire au-delà. De quoi échauffer les esprits des Français, et notamment de Louis Picamoles. Le numéro 8 français a adressé un coup de poing au flanker des Blacks allongé au sol après une nouvelle faute. Le rêve de nombreux adversaires des Blacks. Mais logiquement, la pénalité a été retournée et Picamoles a écopé d'un carton jaune (46eme). C'est aussi ça le talent de Richie McCaw, applaudi lors de son remplacement à dix minutes de la fin.

Qui a gagné le duel d'ouvreurs ?

A vrai dire, il a tourné court. La semaine dernière, Frédéric Michalak (32 ans, 76 sélections) avait, comme tous ses partenaires, livré un match décevant contre l'Irlande. Il avait même été remplacé à vingt minutes de la fin par Rémi Talès. Après Jonathan Sexton, ciblé d'entrée par les Bleus, c'est contre Dan Carter (33 ans, 109 sélections avant ce week-end) que Michalak devait briller. Il n'a malheureusement pas eu le temps de le faire puisqu'il n'est resté que onze minutes sur la pelouse. En voulant dégager au pied, il s'est fait contrer par Brodie Rettalick. Double peine : un essai pour les Blacks et une blessure à une cuisse pour le Toulonnais remplacé par Talès. Pour ce qui restera comme son dernier match de Coupe du monde avec un énorme goût amer dans la bouche. Tout le plan de jeu établi par PSA a brutalement changé et le rôle du buteur est revenu à Morgan Parra, qui n'était même pas venu prendre ses repères la veille au Millennium. Et ça s'est vu sur ce coup de pied étrangement raté à la 16eme minute alors qu'il était idéalement placé. En face, après s'être vu contrer un drop par Guilhem Guirado, Carter s'est bien repris. Et dans le jeu, le futur Racingman a joué dans un fauteuil. Avec évidemment des gestes de classe comme cette chistera sur l'essai de Savea (30eme). Un régal. Au sein d'une équipe néo-zélandaise impériale, l'ancien numéro dix de Perpignan a signé un très bon match. 

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