Une députée socialiste accuse Bercy de "vouloir tuer" la Défense

le
0
UNE DÉPUTÉE SOCIALISTE ESTIME QUE LES COUPES PRÉVUES PAR BERCY VONT ?TUER" LA DÉFENSE
UNE DÉPUTÉE SOCIALISTE ESTIME QUE LES COUPES PRÉVUES PAR BERCY VONT ?TUER" LA DÉFENSE

PARIS (Reuters) - Les coupes budgétaires envisagées par le ministère de l'Economie pour réduire le déficit public risquent de "tuer" le ministère de la Défense, estime la présidente socialiste de la commission de la défense de l'Assemblée nationale, Patricia Adam.

Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian n'a pas caché la semaine dernière la difficulté de l'exercice à venir à l'heure où certains craignent une baisse du budget de la défense en dessous de 1,5% du PIB, son niveau actuel, de l'ordre d'environ 30 milliards d'euros.

"Le budget représentait 4,3% du PIB en 1966, 2,97% en 1981, 1,6% en 2002, 1,56% en 2012. On ne peut plus descendre", dit Patricia Adam dans une interview au Monde daté de lundi.

"Le scénario de Bercy vise à tuer le ministère de la défense", estime-t-elle. "Dès 2015, si on le suit, il ne lui restera que la sécurité nationale (la gendarmerie), les forces spéciales et la dissuasion. Toutes les forces conventionnelles auront disparu."

La commission demande le maintien en l'état du budget à 31 milliards d'euros pendant deux à trois ans en volume, en tablant sur un rebond de croissance en 2016.

"La défense peut encaisser deux-trois ans d'apnée, mais pas plus", note Patricia Adam.

La commission de défense de l'Assemblée nationale propose de repousser quelques programmes d'équipement et de récupérer des recettes en vendant des participations de l'Etat dans les groupes industriels de défense.

Le gouvernement doit trouver un "bon équilibre" au regard des options stratégiques du pays à l'horizon des vingt prochaines années, dit-elle.

Il faut "mesurer, s'il doit y avoir des efforts sur la défense, les conséquences que cela peut avoir sur nos capacités à intervenir comme nous le souhaitons (seuls sur une durée courte et 'en premier' comme on l'a fait au Mali, ou uniquement avec d'autres alliés), sur l'entraînement de nos forces, et sur notre industrie", souligne-t-elle.

"On ne peut pas vouloir des avancées de l'Europe en matière de défense en baissant la garde. Si nous le faisons, nous envoyons un signal complètement négatif."

Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant