"Une contre-histoire de l'internet" ou la conscience politique du net

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Julian Assange, le créateur de WikiLeaks AFP PHOTO /CARL COURT
Julian Assange, le créateur de WikiLeaks AFP PHOTO /CARL COURT

(AFP) - Des créateurs d'internet, hippies adeptes du LSD, à Julian Assange, fondateur de Wikileaks, le documentaire "une contre-histoire de l'internet" revient sur le parcours des militants, activistes et autres mouvements qui forment la "conscience politique du net" pour "combattre la censure et défendre la liberté d'expression".

Diffusé mardi 14 mai à 22H35 sur Arte, le film de Sylvain Bergère a été écrit par Jean-Marc Manach et Julien Goetz, deux journalistes fins connaisseurs de la toile et des combats qui s'y déroulent.

Sortant des sentiers battus et des angles habituellement vus à la télévision, ce documentaire lève le voile sur le rapport de force qui oppose les "gens connectés", qui "utilisent internet pour se parler librement", aux "politiques", qui "ne comprennent pas d'où vient ce bruit, ce brouhaha où n'importe qui peut dire n'importe quoi et qui cherchent à baisser le volume".

"À la télé, on parle souvent du succès de Google ou de Facebook. Mais on a rarement vu que des réseaux de hackers allemands ont permis de contourner la censure et les blocages mis en place par les régimes lors des printemps arabes ou en Syrie", explique à l'AFP Gilles Freissinier, directeur du pôle web d'Arte France.

Une trentaine de grands acteurs du net militant et engagé, de John Perry Barlow, pionnier des réseaux, à Vinton Cerf, le "père" de l'internet, en passant par Julian Assange, le fondateur de Wikileaks, racontent l'histoire du web, du point de vue de "ceux qui se sont fait taper dessus" pour défendre la liberté d'expression, selon Jean-Marc Manach, un des co-auteurs.

"La liberté d'expression était quelque chose de l'ordre du virtuel jusqu'à l'arrivée d'internet. Parce que seuls ceux qui avaient accès aux médias pouvaient user de la liberté d'expression. Avec internet, la liberté d'expression est devenue quelque chose de réel, de palpable, que chacun peut expérimenter", explique-t-il.

"Internet, quelque chose de fragile"

"L'idée c'était de montrer dans quelle mesure internet est quelque chose de bien en matière de défense des droits de l'Homme. En face, on a un discours politique qui diabolise les hackers et internet. Ce discours était tenu par des gens qui ne connaissaient rien, n'utilisaient pas internet et voulaient faire la loi dessus", ajoute Jean-Marc Manach.

"C'est pourquoi il y a un certain nombre de personnes qui sont montées au créneau pour défendre nos libertés. Internet, il ne faut pas en avoir peur, au contraire, c'est une véritable avancée dans l'histoire de l'humanité. Mais c'est quelque chose de fragile", conclut-il.

Truffé de références à la culture des ge0ek, ces passionnés d'internet et des réseaux sociaux, "une contre-histoire de l'internet" a pour vocation de "parler à tout le monde", assure son co-auteur, qui précise avoir utilisé des images d'illustration provenant du domaine public et non des banques d'images.

En parallèle à la diffusion sur l'antenne d'Arte, les internautes peuvent donner leur point de vue depuis le 3 avril et jusqu'au 14 mai, sur le site web lesinternets.arte.tv.

Lien web, vidéo ou témoignage écrit, jusqu'ici, "plus de 350 contributions" ont été reçues par les équipes d'Arte autour de plusieurs thématiques comme "la peur de l'internet", "les interdits" ou la "la culture du hacking", indique Gilles Freissinier.

"Autour de ces thématiques-là, on a proposé aux internautes de raconter comment ils vivaient internet. L'idée était de montrer la pluralité des points de vue à travers ce webdoc participatif", ajoute-t-il.

Après la diffusion du documentaire à la télévision, le site évoluera pour proposer une version personnalisée du webdoc aux internautes, en fonction de leurs préférences et grâces aux contenus "bonus" mis en ligne par les auteurs et les contributions de la communauté des utilisateurs.

tup/fa/jag

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