Une contraction économique en zone euro se profile début 2015

le
13
LES INDICES PMI EN EUROPE
LES INDICES PMI EN EUROPE

PARIS/LONDRES/BERLIN (Reuters) - L'activité dans le secteur privé dans la zone euro a connu en novembre une croissance encore plus lente que prévu, en dépit des fortes baisses sur les prix consenties par les entreprises, renforçant le risque d'une contraction économique au début de l'an prochain.

L'indice composite définitif des directeurs d'achats de Markit est ressorti 51,1, contre 52,1 en octobre, 52,0 en septembre et une estimation "flash" de 51,4.

"La zone euro file tout droit vers une maigre hausse de 0,1% du produit intérieur brut (PIB) au quatrième trimestre, avec une forte probabilité de quasi-stagnation, voire de nouvelle contraction au début de l'année prochaine, à moins de signes de frémissement de la demande", a déclaré Chris Williamson, analyste chez Markit.

Novembre marque le dix-septième mois de suite d'un indice PMI composite supérieur à la barre des 50 qui sépare croissance et contraction d'un activité. Mais la composante nouvelles affaires est tombée sous cette barre pour la première fois depuis la mi-2013, à 49,7 contre 50,8 en octobre, ce qui ne présage rien de bon pour décembre.

L'indice du seul secteur des services est revenu à 51,1 contre 52,3 en octobre et une estimation "flash" de 51,3, au plus bas depuis 11 mois. Les entreprises ont encore réduit leur prix en novembre, comme elles le font désormais depuis trois ans, avec une composante prix ressortie à 47,1.

En Allemagne, le secteur privé a enregistré en novembre son 19e mois consécutif de croissance, mais à un rythme au plus bas depuis 17 mois, ce qui laisse entrevoir la perspective d'une modeste progression du PIB de la première économie d'Europe sur l'ensemble de l'année.

L'indice PMI composite, qui rassemble le secteur manufacturier et celui des services, est revenu à 51,7 contre 53,9 en octobre et 54,1 en septembre. Il est inférieur à la première estimation publiée fin octobre, qui le donnait à 52,1.

Celui des services est tombé à 52,1, un creux de 16 mois, après 54,4 en octobre et 55,7 en septembre.

"L'indice PMI composite suggère que l'économie allemande va connaître, au mieux, un trimestre de croissance marginale. Les craintes d'une nouvelle contraction se sont plus fortes", a noté Oliver Kolodseike, analyste chez Markit.

Il y a près de deux mois, le gouvernement allemand a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour cette année et l'an prochain, à 1,2% et 1,3% respectivement, contre 1,8% et 2,0% auparavant, arguant de l'impact des conflits en Ukraine et au Moyen-Orient et du ralentissement des marchés à l'exportation.

En France, l'activité dans le secteur privé s'est contractée en novembre à son rythme le plus fort depuis neuf mois, les services accusant un net recul.

L'indice composite est ressorti à 47,9 contre 48,2 en octobre. Il est ainsi inférieur au niveau publié en première estimation "flash" (48,4) et reste sous la barre de 50.

L'indice du secteur des services est lui aussi ressorti à 47,9 contre 48,3 en octobre et 48,8 en première estimation, ce qui constitue là encore le repli le plus fort depuis neuf mois.

"Les données PMI de novembre mettent en évidence un renforcement de la contraction dans le secteur des services français", souligne Jack Kennedy, économiste chez Markit. "La conjoncture restant également difficile dans l'industrie manufacturière, les mauvaises performances du secteur privé devraient peser sur le niveau du PIB au quatrième trimestre."

En Italie, l'activité du secteur des services a augmenté pour le deuxième mois de suite, et les entreprises se montrent plus confiantes pour l'avenir, des éléménts de bon augure pour le pays, entré dans sa troisième récession en six ans.

L'indice PMI Markit/Adaci du secteur est remonté à 51,8, contre 50,8 en octobre et 48,8 en septembre. Les 14 analystes interrogés par Reuters avaient anticipé un indice médian de 50,2.

Malgré la hausse de l'indice principal, certains composants, comme celui des nouvelles affaires et celui de l'emploi, sont ressortis en-deçà du seuil des 50.

"Le secteur des services est parvenu à une modeste croissance en novembre (...) Mais les carnets de commandes continuent de diminuer assez vite (...)", souligne Phil Smith, économiste chez Marit

L'indice PMI composite, qui rassemble services et secteur manufacturier, s'est établi à 51,2 après 50,4 en octobre.

En Espagne, le secteur des services a signé en novembre son treizième mois consécutif de croissance, mais à un rythme qui est le moins marqué en un an, ce qui peut être un signe que l'élan de la reprise bat de l'aile.

L'indice PMI Markit sectoriel s'est ainsi établi à 52,7 contre 55,9 en octobre, 55,8 en septembre et 58,1 en août.

"Novembre a été un mois difficile pour les prestataires de services, avec un ralentissement de la croissance des nouvelles affaires (...)", note Andrew Harker, économiste chez Markit.

"Un point positif vient de l'indice d'activité future, qui s'est maintenu, ce qui peut alimenter l'espoir que le ralentissement de la croissance du mois de novembre n'était qu'un accroc."

L'économie espagnole a crû de 0,5% au troisième trimestre, portée par un rebond de la consommation des ménages. Certains économistes estiment cependant que le pays va pâtir du ralentissement à l'oeuvre dans d'autres pays de la zone euro, ses principaux partenaires commerciaux.

(Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M363422 le mercredi 3 déc 2014 à 16:35

    I y a aujourd'hui un ensemble d'éléments favorables: des taux d'intérêts très bas (grâce à la BCE),un euro devenu plus raisonnable,un prix du pétrole en chute,des allègements de charges,etc..Il ya donc de quoi agir. Par contre il ya un risque qui semble se préciser de plus en plus: c'est la baisse des prix et son risque de déflation qui serait mortel pour la croissance.

  • M363422 le mercredi 3 déc 2014 à 16:14

    ...commence enfin,mais avec trop d'hésitations encore, à le comprendre. Si on veut que les entreprises investissent,il faut que leurs carnets de commandes s'améliorent...donc il faut stimuler la demande effective,càd la demande globale anticipée.Et quoi qu'en disent certains c'est bien aux politiques budgétaires d'amorcer le mouvement.

  • M363422 le mercredi 3 déc 2014 à 16:08

    L'obstination depuis près de deux ans maintenant à ne concevoir que des politiques d'austérité ne peut que contraindre la croissance et à faire augmenter le chômage dans certains pays ou à le maintenir à des hauts niveaux. Certes il y a eu des éléments positifs grâce à la BCE. Mais il est bien connu que la politique monétaire à elle seule ne suffit pas. C'est donc à la politique budgétaire de se mobiliser.Au plan européen bien sûr,mais aussi au plan des pays qui en ont les moyens. L'Allemagne..

  • 300CH le mercredi 3 déc 2014 à 12:03

    chouette on sera tous à la fête, on nous disait avec l'Europe prospérités, etc.., on nous aurait menti?? et lol Sapin de Noël nous annonce un déficit public ramenait à 4.1% au lieu des 4.3% en 2015, mdr, ça secrétaire à du faire une faute de frappe c plutôt 5.1%.

  • M8544334 le mercredi 3 déc 2014 à 11:59

    C'est une grande avancée sociale: Vive l'Europe!!!

  • marando2 le mercredi 3 déc 2014 à 11:58

    Les USA se frottent les mains car ils sont les grands gagnants des sanctions réciproques UE-Russie.Tiens, c'est bizarre, c'est justement eux qui sont à l'origine de tout ça ...

  • lorant21 le mercredi 3 déc 2014 à 11:40

    @M7034327: vous avez raison. Il faut aussi s'attaquer aux salaires versés qui sont un manque de recettes fiscales. D'ailleurs tout argent qui n'appartient pas à l'état est une perte de recette.

  • M7034327 le mercredi 3 déc 2014 à 11:18

    427 milliards ont été versés dans le monde sous forme de dividendes au 2ème trimestre 2014. Cela correspond à peu près au manque à gagner en recettes fiscales des pays dans le monde. Il est temps que les dirigeants politiques à l'échelle globale réagissent, plutôt que de matraquer les désignés fraudeurs fiscaux et de tondre les classes moyennes.

  • M7034327 le mercredi 3 déc 2014 à 11:03

    On préfère s'attaquer aux symptômes qu'au mal en lui-même encore une fois, en parlant de contraction économique, plutôt que de parler de récession.

  • M7034327 le mercredi 3 déc 2014 à 11:02

    J'aime bien aussi le terme de 'contraction économique' pour ne pas dire 'récession' qu'on se garde bien d'utiliser depuis 5 ans, parce que c'est un gros mot et cela fait peur aux gens et les dissuade de consommer.