Une conférence sur la Syrie est un "grand défi", dit Lavrov

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LE CHEF DE LA DIPLOMATIE RUSSE ESTIME QU'UNE CONFÉRENCE SUR LA SYRIE EST UN "GRAND DÉFI"
LE CHEF DE LA DIPLOMATIE RUSSE ESTIME QU'UNE CONFÉRENCE SUR LA SYRIE EST UN "GRAND DÉFI"

par Arshad Mohammed et John Irish

PARIS (Reuters) - Le secrétaire d'Etat américain John Kerry et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov ont réaffirmé lundi leur profond engagement aux principes de la conférence de Genève prévoyant un gouvernement de transition mutuellement approuvé en Syrie.

Sergueï Lavrov, qui s'exprimait en compagnie de son homologue américain dans un grand hôtel parisien, a précisé que l'organisation d'une conférence sur la transition politique en Syrie constituait "un grand défi".

Cette conférence qui pourrait se tenir à la mi-juin témoigne des efforts intenses déployés par Washington et par Moscou pour trouver une issue à une guerre civile qui a fait plus de 80.000 morts en deux ans et entraîné le déplacement de millions de personnes.

"Ce n'est pas une tâche facile. C'est un grand défi, mais j'espère que lorsque les Etats-Unis et la Fédération de Russie prennent ce genre d'initiative, il y a des chances de succès", a commenté Sergueï Lavrov au terme d'une réunion d'une heure et demie.

Les chefs de la diplomatie américaine et russe ont également réaffirmé leur opposition à l'utilisation d'armes chimiques dans le conflit syrien.

"Nous avons tous deux exprimé notre préoccupation commune à propos d'un usage potentiel d'armes chimiques et à propos de la nécessité d'obtenir réellement la preuve et la certitude de ce qu'il se passe à ce sujet", a déclaré John Kerry.

"Si ces armes étaient utilisées, la Russie et les Etats-Unis s'y opposeraient très très fermement", a ajouté le secrétaire d'Etat.

DÉSACCORD SUR L'IRAN

Gouvernement syrien et rebelles se sont mutuellement accusés d'avoir eu recours à ce type d'armes alors que de violents combats étaient signalés lundi dans la ville frontalière de Koussair et dans la capitale Damas.

L'offensive des forces gouvernementales est perçue comme une tentative pour offrir à Bachar al Assad une position de force avant la tenue éventuelle d'une conférence.

Le gouvernement a indiqué qu'il était prêt à y participer tandis que l'opposition peine à trouver une unité entre les différentes factions rivales et n'a pas encore confirmer sa participation.

L'un des points de discorde entre Américains et Russes concerne la présence de l'Iran à cette conférence, Moscou affirmant sa volonté d'associer les Iraniens aux discussions. La proposition n'emporte pas l'adhésion de Washington.

"Nous pensons que ce cercle peut être élargi pour inclure tous les protagonistes importants qui ont une influence sur le terrain", a expliqué Lavrov.

Téhéran est considéré comme l'un des principaux fournisseurs d'armes au régime d'Assad et jouit d'une influence sur le Hezbollah libanais qui s'impose comme un acteur de plus en plus impliqué dans les combats aux côtés des troupes gouvernementales.

De son côté, l'Union européenne n'est pas parvenue à dégager une position commune sur la question d'un assouplissement de l'embargo sur les armes à destination de la Syrie.

La France et la Grande-Bretagne y sont favorables afin d'aider les rebelles syriens mais cette position est rejetée par d'autres Etats membres des Vingt-Sept.

John Kerry et Sergueï Lavrov devaient participer à un dîner en compagnie de leur homologue français Laurent Fabius dans la soirée.

Arshad Mohamed; Pierre Sérisier pour le service français

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