Une commission turque contre le procès de quatre ex-ministres

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ANKARA, 5 janvier (Reuters) - Une commission parlementaire turque a voté lundi en faveur du non-renvoi de quatre anciens ministres accusés de corruption devant la Cour suprême, une victoire pour le président Recep Tayyip Erdogan, indirectement visé il y a un an par ce scandale alors qu'il était encore Premier ministre. Erdogan estime que cette affaire de corruption qui a conduit à la démission des ministres de l'Economie, de l'Intérieur et de l'Urbanisation en décembre 2013, puis à la mise à l'écart du ministre des Affaires européennes, est un complot visant à le renverser fomenté par son rival Fethullah Gülen. La décision de la commission, mise en place en mai dernier pour examiner les documents à charge du parquet à l'encontre des ex-ministres, doit encore être débattue avant la fin du mois par le parlement en session plénière, qui aura le dernier mot sur le renvoi des quatre hommes devant la justice. Cette commission compte 14 membres, dont neuf membres du parti AK (Justice et développement), le parti d'Erdogan. Un membre de la commission appartenant au parti d'opposition CHP (Parti républicain du peuple, laïque) a vu dans le vote de lundi une tentative d'étouffer le scandale. "Nous avons vu aujourd'hui au parlement la façon dont le plus grand scandale de corruption de l'histoire turque a été étouffé sur ordre de l'AKP et du président. Ce résultat est attristant", a déclaré l'élu Levent Gok devant la presse. Les ex-ministres ne peuvent être jugés que si leur immunité est levée par le parlement. (Gulsen Solaker; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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