Une centrale photovoltaïque bientôt en construction près de Fukushima

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Une centrale photovoltaïque bientôt en construction près de Fukushima
Une centrale photovoltaïque bientôt en construction près de Fukushima
Les avis étaient unanimes dès les heures qui ont suivi l'accident : il allait y avoir un avant et un après. Toutes les puissances atomiques n'ont certes pas revu leur copie énergétique en profondeur, mais c'est bel et bien le cas au Japon...



Fukushima. Un traumatisme mondial, un « Tchernobyl bis » venu rappeler brutalement à la face de la planète qu'en matière nucléaire, le risque zéro est une vue de l'esprit. Ou un mensonge. Un drame qui a conforté les associations de protection de l'environnement dans leur certitude qu'un monde sans atome serait meilleur, a amené l'Allemagne et la Suisse à dire « stop » et le Japon à changer complètement de cap.

Avant l'accident, les pouvoirs publics voulaient augmenter la part du nucléaire dans le mix énergétique et le lobby de l'atome était pour ainsi dire intouchable. Après, si certains étaient il est vrai déjà en maintenance, il fut un temps où les cinquante-quatre réacteurs nippons n'ont plus rien produit. Pour des raisons de sécurité ou parce que les autorités locales, et les populations concernées avec elles, ont préféré qu'il en soit ainsi. Deux d'entre eux, les numéros 3 et 4 de la centrale d'Ohi, ont été redémarrés au début du mois, mais il serait prématuré d'affirmer que le nucléaire est revenu en grâce.

La majorité de l'opinion publique lui est du reste fermement hostile et des millions de Japonais ont fait montre d'une discipline de fer pour réduire leur consommation énergétique dans des proportions exceptionnelles. Elle plébiscite les énergies renouvelables, pour la bonne raison qu'elles ne présentent aucun risque sanitaire. Plus nuancé, le gouvernement de Yoshihiko Noda n'en a pas moins pris des dispositions pour favoriser leur développement.

Des dispositions coûteuses et qu'il convient de saluer au regard de la situation économique du pays, lequel, quinze mois après la catastrophe de Fukushima, demeure en proie à une crise sans précédent dans son histoire depuis 1945. La baisse de la production d'électricité d'origine nucléaire est cependant allée de pair avec une contribution fortement accrue des énergies fossiles, par définition incompatible avec les engagements pris par le Japon dans le cadre de la lutte mondiale contre la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) d'origine anthropique.



Un contexte plus favorable au développement du photovoltaïque



Il reste que les technologies vertes ont progressé sur le terrain depuis plus d'un an et qu'aux abords-mêmes du site de Fukushima-Daiichi, évolution symbolique s'il en est, la donne a bien changé. Un parc éolien offshore devrait en effet prochainement être installé, comme si le théâtre du malheur devait devenir le nouveau laboratoire énergétique du pays.

La thèse n'a rien de fantasque, le puissant groupe Toshiba, dans ce circuit depuis début 2009, ayant officialisé la construction d'une centrale photovoltaïque d'une capacité de production de cent mégawatts (MW) à Minami Sota, à seulement vingt-cinq kilomètres de la centrale accidentée. Une décision motivée par un contexte propice, Tokyo ayant fait part de sa volonté de mettre en place de nouvelles incitations économiques pour instaurer une nouvelle dynamique, plus favorable aux énergies renouvelables. Entamés dès cette année, les travaux devraient prendre fin courant 2014 et l'exploitation débuter dans la foulée.

Il s'agit du « plus grand projet d'énergie solaire au Japon », relatent nos confrères des Échos, qui soulignent par ailleurs que Toshiba consentira un investissement de quelque trente milliards de yens, soit près de trois cents millions d'euros.

Ce projet ne fera sans doute pas revenir tous les habitants de Minami Sota, contraints de plier bagage l'an dernier dans la foulée de l'accident de Fukushima. Il démontre toutefois que les mentalités ont déjà bien changé au pays du soleil levant...
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