Une centaine de soldats afghans tués par les taliban dans le Sud

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    par Stanekzai Zainullah 
    LASHKAR GAH, Afghanistan, 13 octobre (Reuters) - Les taliban 
ont tué une centaine de policiers et soldats afghans qui 
battaient en retraite mardi dernier de positions encerclées 
depuis des jours près de Lashkar Gah, chef-lieu de la province 
du Helmand. 
    Il s'agit des plus lourdes pertes subies par les forces 
gouvernementales depuis des mois dans cette région du sud de 
l'Afghanistan. 
    "On était tout un bataillon là-bas et, à l'exception de moi 
et deux autres, personne ne s'en est sorti", raconte Faiz 
Mohammad, un gros bandeau ensanglanté autour de la tête. 
    L'embuscade s'est produite à Chah-e-Anjir, à une douzaine de 
kilomètres de Lashkar Gah, ville elle-même assiégée par les 
taliban et dont de nombreux habitants ont fui. 
    L'explosion d'une voiture piégée a tué dix policiers lundi à 
Lashkar Gah, où il n'est pas rare que des roquettes tirées par 
les taliban tombent jusque dans le centre-ville. 
    L'essentiel du Helmand, important centre de production 
d'opium, est contrôlé ou contesté par les taliban, qui cherchent 
maintenant depuis quinze ans à renverser le gouvernement de 
Kaboul appuyé par les Occidentaux. 
    La situation sécuritaire en Afghanistan reste précaire, en 
dépit du soutien toujours présent de troupes étrangères sous 
commandement américain. Et Lashkar Gah en est l'illustration. 
    Tout comme le fut il y a un an la brève occupation de la 
ville de Kunduz par les taliban, dans le Nord.  
     
    CAMIONS, FUSILS SAISIS 
    Selon un responsable des services de sécurité, l'embuscade, 
en trois endroits distincts, a fait 90 morts. D'autres personnes 
contactées avancent un bilan supérieur.  
    Des dizaines de membres des forces de sécurité se sont 
rendus lors de ces trois assauts. Les taliban ont saisi au moins 
22 Humvees, des dizaines de camions et des centaines de fusils.  
    Le porte-parole des taliban, Qarei Yousuf Ahmadi, a déclaré 
que le compte rendu fourni par les autorités de cette débâcle 
correspondait à la réalité et que les taliban avaient tué ou 
capturé des dizaines de soldats. 
    Aux dires de Mohammad Rasool Zazai, porte-parole du 215e 
corps d'armée basé dans le Helmand, le drame s'est produit parce 
que les troupes qui se trouvaient à Chah-e-Anjir, et qu'il était 
prévu de relever, ont choisi de bouger sans coordonner leur 
déplacement avec le commandement. 
    Avec les taliban à l'offensive sur plusieurs fronts dans le 
pays, l'armée se voit contrainte de déployer de nouvelles 
recrues, qui n'ont pas toutes reçu l'entraînement requis. 
    Et le gros de la tâche incombe alors aux forces spéciales. 
    Au moins 400 hommes ont été envoyés à Lashkar Gah ces 
derniers temps. 
    Le général Charles Cleveland, porte-parole des forces 
américaines, a déclaré que les Etats-Unis avaient effectué une 
quinzaine de bombardements dans le Helmand depuis le début du 
mois d'octobre en soutien aux troupes afghanes engagées dans les 
combats avec les taliban. 
    Mais, a-t-il dit mercredi à la presse, "les taliban 
considèrent le Helmand comme une priorité et ils y consacrent 
beaucoup d'efforts et de moyens".     
 
 (Avec Hamid Shalizi et Josh Smith à Kaboul, Gilles Trequesser 
pour le service français, édité par Tangi Salaün) 
 
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