Une captive de Cleveland détaille sa détention dans un livre

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UNE DES TROIS CAPTIVES DE CLEVELAND RACONTE SON CALVAIRE DANS UN LIVRE
UNE DES TROIS CAPTIVES DE CLEVELAND RACONTE SON CALVAIRE DANS UN LIVRE

PARIS (Reuters) - Michelle Knight, une des trois jeunes femmes séquestrées pendant une dizaine d'années à Cleveland, raconte dans un livre paru mardi, un an après sa libération, les passages à tabac, viols et tortures infligés par son ravisseur Ariel Castro, auquel elle accorde son pardon par besoin d'aller de l'avant.

"Si je ne le pardonne pas, alors ce sera comme s'il m'avait enfermée deux fois", écrit Michelle Knight sur la dernière page du livre publié un an après la fin de sa captivité. "Le pardon est le seul moyen de vraiment reprendre possession de ma vie", ajoute-t-elle.

Michelle Knight, aujourd'hui âgée de 33 ans, a été libérée le 7 mai 2013 avec deux autres jeunes femmes, Gina DeJesus et Amanda Berry, et la fille de cette dernière, alors âgée de six ans et dont Castro était le père.

Castro a plaidé coupable de centaines de chefs d'accusations dont enlèvement, viol et meurtre, ce dernier parce que les violences infligées à Michelle Knight ont provoqué une fausse couche. Il a été condamné à la perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle mais s'est suicidé par pendaison en septembre.

Dans "Me trouver : une décennie d'obscurité, une vie retrouvée", Michelle Knight raconte son enfance, abusée et négligée, son adolescence sans domicile, ses années de mère célibataire et son enlèvement, en 2002.

Elle y évoque en détails crus sa captivité - enchaînée, battue, violée et torturée psychologiquement par Castro qui lui faisait le récit des recherches intenses menées par les familles des deux autres jeunes femmes pour mieux lui rappeler que personne ne tenait à elle.

Très affectée, elle écrit aujourd'hui : "Même si j'échappe à ce salaud, ai-je souvent pensé, quel genre de vie m'attend dans ce monde ? Une fois que ce sera fini, qui sera là pour m'aimer ?"

Dans son livre, Michelle Knight, qui a changé de nom et se fait désormais appeler Lillian Rose Lee, utilise uniquement le terme "dude" ("mec") pour parler de Castro, et dit avoir pleuré après avoir appris sa mort.

Ayant eu le sentiment d'être invisible toute sa vie, écrit-elle, elle a été dépassé par l'attention dont elle a fait l'objet depuis sa libération et ne sait que répondre aujourd'hui à ceux qui lui demandent comment elle va.

"Je n'ai pas toutes les réponses, je ne les aurai sans doute jamais. Mais j'ai compris que ma vie ne sera jamais meilleure si je m'arrête à ce que j'ai traversé. Je dois regarder devant moi", écrit-elle.

(Kim Palmer, Gregory Blachier pour le service français)

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