Une bombe tue un enfant à Bangkok et fait 24 blessés

le
0
EXPLOSION MEURTRIÈRE D'UNE BOMBE À BANGKOK
EXPLOSION MEURTRIÈRE D'UNE BOMBE À BANGKOK

BANGKOK (Reuters) - Une bombe a tué un enfant et fait 24 blessés dimanche dans un quartier commerçant de Bangkok, la capitale thaïlandaise, quelques heures après un discours aux accents menaçants à l'encontre de l'opposition prononcé par l'un des principaux soutiens du Premier ministre Yingluck Shinawatra.

L'engin a explosé tout près de l'un des plus importants carrefours de la ville bloqués depuis plusieurs semaines par des opposants, situé non loin du centre commercial Central World, l'un des plus grands d'Asie.

Trois enfants ont subi de graves blessures, a précisé le Centre médical Erawan, qui coordonne l'activité des hôpitaux de Bangkok.

"Un jeune garçon, dont nous croyons savoir qu'il avait 12 ans, est décédé des blessures causées par l'explosion. Un autre enfant est en train d'être opéré et un troisième enfant est encore dans la salle des urgences", a dit une infirmière des urgences de l'hôpital Ramathibodi de Bangkok qui a requis l'anonymat.

Quelques heures avant l'explosion, des dirigeants du Front uni pour la démocratie contre la dictature (UDD), l'un des principaux mouvements de soutien au Premier ministre Yingluck Shinawatra, avaient durci le ton à l'encontre des organisateurs des manifestations de l'opposition à Bangkok et de leur leader, Suthep Thaugsuban.

"Le combat sera plus difficile que tous les autres (...) Il faut réfléchir à la manière dont nous pouvons nous occuper de Suthep et de ceux qui le soutiennent", a dit Jatuporn Prompan, un dirigeant de l'UDD qui siège dans les instances dirigeantes du parti au pouvoir Pheu Thai.

En début de journée, des hommes en armes avaient ouvert le feu et jeté des engins explosifs lors une manifestation anti-gouvernementale dans le district de Khao Saming, dans la province orientale de Trat, tuant une fillette de cinq ans et blessant 41 personnes.

"NOUS VOULONS ÉVITER LA GUERRE CIVILE"

Les manifestants anti-gouvernementaux bloquent depuis plusieurs semaines certaines des principales intersections de Bangkok, dans le but affiché de faire tomber Yingluck Shinawatra et de mettre fin à l'influence qu'a conservé sur le pouvoir le frère de cette dernière, Thaksin Shinawatra, lui-même ex-Premier ministre déchu.

Ajoutant aux difficultés de la chef du gouvernement, l'organe thaïlandais de lutte contre la corruption l'a inculpée mardi pour des irrégularités dans le programme gouvernemental d'aide à la culture du riz. Yingluck Shinawatra doit se voir notifier jeudi les charges pesant contre elle.

Thanawut Wichaidit, porte-parole de l'UDD, a déclaré que la stratégie visant à contrer les manifestations de l'opposition n'avait pas encore été définie mais il a assuré que le mouvement voulait éviter une guerre civile.

"Nous voulons combattre pacifiquement, sans armes, mais nous n'avons pas encore décidé comment nous procéderons et c'est pourquoi nous nous réunissons aujourd'hui pour élaborer un projet", a-t-il dit à Reuters.

"Ce que nous voulons éviter à tout prix, c'est une guerre civile et toute forme d'affrontement."

Mardi, des fusillades avaient éclaté à Bangkok entre police et manifestants de l'opposition, faisant quatre morts et des dizaines de blessés.

Nick Macfie; Eric Faye et Marc Angrand pour le service français

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant