Une biographie jardinière:

Le Monde le 20/06/2012 à 12:44

Des villes aux immeubles noircis par la fumée, des campagnes défigurées par une agriculture qui se mécanise, les ravages du tourisme naissant : le décor est planté. Les acteurs ? Des hommes et des femmes avides de richesse, de consommation, au risque d'en oublier le sens même de leur existence. Des êtres qui nous ressemblent. Cette histoire titrée The Lost Garden est un constat désenchanté écrit, en 1912, par Jorn de Précy. Certes, avant lui, certains s'étaient préoccupés d'environnement, comme le prouvent l'inauguration, dès 1872, du parc national américain de Yellowstone et les premières alertes lancées en Europe, conséquences de l'industrialisation naissante. En Angleterre d'abord, puis dans l'Europe tout entière. En France, des ingénieurs forestiers, des naturalistes, relayés par des écrivains, tels Prosper Mérimée, Victor Hugo ou le poète Sully Prudhomme, furent à l'origine de la protection de certains espaces naturels dès la fin du XIXe siècle, à contre-courant de la croyance en un progrès bienfaiteur et une nature inépuisable. Mais le terme d'écologie n'est daté que des années 1960.

C'est donc en visionnaire que Jorn de Précy nous parle de ce système capitaliste avide de croissance, destructeur de l'humain, l'obligeant à des efforts sans fin. Ce matérialisme, il l'oppose au monde naturel qui se suffit à lui-même. L'auteur passera la plus grande partie de sa vie à créer son refuge : le jardin idéal. Ce sera à Greystone, dans l'Oxfordshire. L'Angleterre n'est-elle pas la patrie des jardins ? Une fois de plus, il anticipe. Son jardin sera sauvage, en mouvement. Les plantes s'y ressèmeront librement, le jardinier dilettante se contentera de réguler la vie sauvage des arbres, plantes et graminées. "Jardiniers, soyez paresseux !", intime-t-il aux amateurs. Selon lui, la priorité est aux herbes hautes, aux marguerites, ...



Retrouvez cet article sur LeMonde.fr



Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant