Une Barbie ouvrière pour dénoncer l'exploitation des ouvriers Chinois

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Des ONG ont inventé cette Barbie pour sensibiliser les consommateurs au sort des ouvriers chinois de l'usine Mattel. A l'approche de Noël, une vaste campagne de communication est lancée.

Pas de robe de princesse ou de tenue de sirène. La Barbie des ONG Peuples solidaires et China Labor Watch porte un bleu de travail. Loin de l'image glamour et féérique véhiculée par la grande poupée blonde, cette Barbie cherche à sensibiliser les consommateurs au sort des milliers d'ouvriers chinois travaillant dans les usines Mattel. Son slogan: «Je suis Barbie ouvrière. Comme des centaines d'ouvrières et d'ouvriers chinois, je travaille sur les chaînes de fabrication de jouets Mattel dans des conditions de travail indignes».

Depuis quelques jours, Peuples solidaires balade cette Barbie ouvrière à taille humaine dans les rues de Paris en distribuant des tracts. Dans l'effervescence des achats de Noel, l'ONG lance aussi des campagnes de rue avec toujours sous le bras sa Barbie géante. Mardi, devant les grands magasins parisiens, la poupée blonde était enchaînée, bâillonnée et enfermée dans sa traditionnelle boite rose. D'autres actions de ce type sont prévues dans les prochains jours à Rennes, Lyon, Nancy ou encore Marseille. «En cette période de fête, nous avons voulu marquer en utilisant le produit phare de Mattel. Barbie est un jouet emblématique. Son côté glamour est paradoxal par rapport à l'enfer vécu par les ouvriers qui la fabriquent», note Fanny Gallois, responsable campagne de Peuples solidaires.

Cet «enfer» avait déjà été dénoncé en octobre dernier par China Labor Watch. Après avoir infiltré six usines qui fabriquaient les jouets pour Mattel, l'ONG avait constaté 18 types d'entorses au droit du travail. Parmi elles: des ouvriers, entassés dans des dortoirs, qui travaillent sept jours sur sept pendant 13 heures, des heures supplémentaires non payées, des cotisations retraites non versées, de la manipulation de produits toxiques sans protection, des congés maternité refusés... «C'est une vrai régression quand on sait que Mattel avait été l'une des premières entreprises à s'engager à respecter le droit du travail chez ses fournisseurs», s'indigne Fanny Gallois.

En plus des actions de rue, l'ONG souhaite mobiliser les réseaux sociaux. Barbie ouvrière a déjà sa page Faceboook, son blog et son compte Twitter. Une pétition «Libérons Barbie ouvrière» a déjà réuni plus de 61.000 signatures. «Nous n'appelons pas au boycott de ce jouet qui conduirait à la fermeture des usines et la perte d'emplois pour des milliers d'ouvriers. Nous souhaitons juste mobiliser pour améliorer les conditions de travail», précise Fanny Gallois. «Mattel est le premier fabricant mondial de jouet. Il peut influencer le secteur», assure cette dernière.

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