Une baisse des prix ne suffit pas à justifier un QE, dit la Buba

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FRANCFORT, 16 décembre (Reuters) - La baisse des cours du pétrole pourrait se traduire par une contraction des prix au cours des prochains mois en Allemagne, sans pour autant justifier le lancement d'achats de dettes souveraines par la Banque centrale européenne (BCE), a déclaré mardi le président de la Bundesbank. La BCE surveille de près l'impact de la chute des prix pétroliers sur l'inflation de la zone euro, déjà tombée à 0,3% en rythme annuel, un niveau très éloigné de son objectif d'un taux inférieur à mais proche de 2%. Le prix du baril de Brent est tombé mardi sous le seuil de 59 dollars LCOc1 pour la première fois depuis mai 2009. La banque centrale se dit prête à prendre des mesures supplémentaires pour empêcher une spirale déflationniste, ce qui pourrait la conduire à lancer un vaste plan d'assouplissement quantitatif (QE) incluant des achats d'emprunts d'Etat. Mais certains de ses responsables s'opposent à une telle initiative, à commencer par Jens Weidmann, le président de la Bundesbank. Il voit dans l'achat de dette une forme de financement des Etats, ce qui est contraire au mandat de la BCE. "Face au contexte d'impact plutôt modéré et incertain (de la baisse des prix pétroliers), ainsi qu'aux risques, aux effets collatéraux et à une nécessité pas clairement établie à ce stade, je suis actuellement sceptique sur un programme de QE généralisé", a dit Jens Weidmann lors d'une rencontre avec des journalistes lundi soir. LA BAISSE DES PRIX N'EST PAS LA DÉFLATION La Buba a revu au début du mois ses prévisions d'inflation et de croissance pour les années à venir mais cette révision ne reflète pas l'évolution récente des prix du pétrole et les prévisions d'inflation pourraient ainsi ne pas se vérifier, a expliqué son président. "Le taux d'inflation pourrait même tomber sous zéro au cours des prochains mois", a-t-il ajouté, expliquant qu'un taux d'inflation négatif pendant plusieurs mois ne reflétait pas forcément une situation de déflation proprement dite, c'est à dire un mouvement auto-entretenu de contraction des prix accompagné d'une croissance économique nulle ou très faible et d'une baisse des salaires. "Ce risque reste faible", a jugé Jens Weidmann. Il a expliqué que si certaines simulations concluaient qu'une politique d'assouplissement quantitatif pourrait relancer l'inflation dans la zone euro, "il ne faut pas s'attendre à des miracles". "Il faudrait des volumes importants pour parvenir à un impact modéré et de surcroît incertain", a-t-il souligné. Il a estimé qu'un QE pourrait aboutir à une mutualisation des risques au sein de l'ensemble des contribuables de la zone euro, "à moins que les achats soient limités aux pays offrant la solvabilité la plus élevée ou que chaque banque centrale achète des obligations de son propre Etat et à ses propres risques". (Eva Taylor et Jonathan Gould, Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)


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