Une association de consommateurs réclame le gel des loyers pour 2011

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Les loyers ont augmenté deux fois plus vite que l'inflation. Face à ce constat, l'association de consommateurs CLCV réclame un gel des loyers pour 2011 et dénonce au passage un désengagement de l'Etat dans le logement locatif.

La location serait-elle la grande oubliée de la politique immobilière gouvernementale ? La CLVL, association nationale de consommateurs, en est persuadée. Alors que Nicolas Sarkozy présente ce mardi son nouveau plan d'accession à la propriété, l'association publie son enquête annuelle sur le logement locatif. Conclusion: les loyers ont augmenté deux fois plus vite que le coût de la vie. Ce qui pousse l'association à réclamer un gel des loyers pour l'année 2011, «sans possibilité de rattrapage sur les années suivantes».

Dans le détail, la CLCV fait état d'une hausse de 1,36% du loyer moyen dans le secteur social, alors que les recommandations ministérielles préconisent une augmentation maximum de 1%. Ce phénomène concerne les deux tiers des bailleurs (65,46% d'entre eux). Certains d'entre eux imposeraient même des hausse de 5% à 10% des loyers. L'augmentation la plus forte a été constatée dans la région Bourgogne (+2,80%) et la plus faible en Guadeloupe (+0,32%).

Dans le secteur privé, «la situation s'avère encore plus alarmante», selon la CLCV. S'appuyant sur des données de 2009, l'association pointe du doigt une hausse des loyers «en moyenne bien supérieure à la hausse des prix à la consommation (1,1 %)» l'an dernier, «atteignant 3,3 % en moyenne à Paris, 2,9 % en proche banlieue et 2 % en province».

Solvabilité

D'après l'étude, cette hausse de loyers s'ajoute à des augmentations de charges: bond de 15% des prix du gaz depuis le début de l'année («le nombre de coupures étant passé de 6000 en 2008 à 60.000 pour les cinq premiers mois de 2010»), progression des prix de de l'électricité et du fioul. Une situation financière qui devient «difficilement tenable» pour les locataires.

La CLCV annonce que «500.000 ménages présenteraient des impayés de deux mois ou plus, soit une augmentation de 96 % en 4 ans dans le parc privé, et de 58 % dans le parc public».

«Résoudre la crise»

L'association s'inquiète par ailleurs de l'annonce faite en juillet dernier par François Baroin, ministre du Budget, d'instaurer un prélèvement sur les organismes HLM de 340 millions d'euros par an entre 2011 et 2013. Le ministre avait avancé le projet d'une taxe de 2% sur la masse des loyers pour compenser la baisse de la participation de l'Etat dans les aides à la pierre.

Selon l'association, cette méthode «ne va pas résoudre la crise du logement. La mesure annoncée viserait à prélever des sommes disponibles auprès des organismes HLM qui épargnent pour construire dans les zones géographiques manquant de logements sociaux. Il faut en effet rappeler que les réserves financières ainsi ponctionnées ont été constituées grâce aux loyers et devraient donc leur bénéficier».

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