Un virement simplifié pour concurrencer le chèque

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En France, 20 % des transactions sont encore réglées par chèque.

Les banques françaises se réunissent mardi autour de la ministre de l'Économie, Christine Lagarde, avec des représentants des associations de consommateurs, des assureurs, des politiques... Ces membres du Comité consultatif du secteur financier (CCSF) vont débattre de l'évolution des pratiques tarifaires bancaires. Des annonces sont attendues.

Dans la pratique, le CCSF s'attaquera aux recommandations du rapport de Georges Pauget et d'Emmanuel Constans. Commandé par la ministre en mars dernier, ce rapport sur la tarification des services bancaires lui avait été remis au début de l'été. Parmi la trentaine de recommandations, émises par les auteurs, quelques-unes ont déjà été remarquées : amélioration du traitement des incidents de paiement et du découvert bancaire, transparence renforcée sur les packages de services ou encore, comme l'indique au Figaro François Pérol, l'engagement d'une publication détaillée du prix des services les plus courants.

Une exception française

Comme souvent dès que les questions de tarification bancaire sont abordées, la question du chèque, cette exception française, sera sur la table. Selon les données de la Banque centrale européenne publiées en début de semaine, 61 % des chèques émis en Europe le sont par des Français ! Près d'une transaction sur cinq, dans l'Hexagone, est encore réglée par chèque... Les banques françaises se plaignent depuis des années du coût de gestion élevé des chèques et de leur faible sécurité. Elles répercutent le prix de traitement aux commerçants et en ont fait leurs premiers alliés dans le combat pour l'abandon des chéquiers. Malgré l'attachement culturel français, le mouvement est en marche : chaque année, le nombre de chèques échangés régresse de 2 % à 5 %. Depuis 2003, la carte bancaire est devenue le moyen de paiement préféré des Français.

La ministre a refusé, selon nos informations, d'anticiper cette évolution et de remettre en cause la gratuité du chèque ou d'envisager une plus brutale disparition. Le Comité consultatif du secteur financier (CCSF) réfléchirait en revanche dans la lignée du rapport Pauget Constans à lancer une expérimentation sur le concept de virement de proximité. Ces virements, «déjà très répandus dans d'autres pays européens», selon le rapport, pourraient remplacer les chèques pour les transactions régulières.

«Un tel virement serait dit de proximité parce que rendu d'une utilisation particulièrement facile pour l'émetteur», détaille le rapport. Chacun pourrait enregistrer auprès de sa banque la liste des destinataires réguliers de ses chèques. L'opération pourrait ensuite être déclenchée à partir d'un distributeur automatique de billets.

En alternative au chèque, le rapport préconisait encore de lancer une étude sur le titre interbancaire de paiement (TIP). Quelle que soit la méthode retenue, les auteurs plaident pour «une démarche volontariste mais souple plutôt qu'une date butoir comme l'ont fait les Britanniques qui ont décidé de la suppression du chèque pour 2018».

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