Un vigneron bio d'Anjou en guerre contre l'AOC

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L'appelation d'origine contrôlée Anjou n'est pas assez respectueuse de l'environnement pour ce producteur. Il risque 40.000 euros d'amende.

Olivier Cousin risque 40.000 euros d'amende. Son crime : avoir apposé la mention «Anjou cabernet franc» sur de simples vins de table bio, ceux qu'il produit sur son domaine de Martigné-Briand (Maine-et-Loire). Une démarche insupportable pour les défenseurs de l'appellation d'origine contrôlée (AOC) Anjou. Il leur est pourtant difficile de reprocher à Olivier Cousin un manque d'attachement à leur terroir. Cet Angevin de souche, fana d'écologie, adepte des vendanges manuelles et des chevaux, l'aime en effet à tel point qu'il refuse désherbants, soufre et levure. C'est même parce que l'AOC respectait, selon lui, si peu la nature (en autorisant l'ajout de sucre et d'acide, même pour les millésimes jouissant d'un bon climat !) qu'il en a claqué la porte, il y a six ans.

Las. Cousin a beau vendre son vin bio aux meilleurs restaurants, la loi est contre lui. «L'AOC Anjou est protégée par décret. On se bat tous les jours pour défendre nos zones délimitées », assure Patrice Laurendeau, président de la Fédération viticole de l'Anjou. Sur internet, de nombreux blogs soutiennent Cousin et une pétition a été lancée à l'attention des autorités.

L'AOC n'est pourtant pas toujours l'ennemie du bio. Partout en France, des producteurs de vins AOC s'y sont déjà convertis, au côté d'autres vignerons. De 2009 à 2010, la surface viticole bio a progressé de 33 %. Au point de représenter 6,2 % de la surface totale de vignes, et sans doute «10 % en 2012», selon l'association Vignerons indépendants de France.

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  • f.Bilou le lundi 14 nov 2011 à 08:24

    +1

  • adfg-tan le dimanche 13 nov 2011 à 18:27

    Pourquoi croyez vous que les vins français ( à part les grands crus hors de prix ) se vendent mal à l'étranger? C'est parce que quand on fait un bon vin sans respectez l'administration, on se fait taper sur les doigts. J'ai souvent voyagé dans le monde et le 1er critère de dégustation d'un vin, c'est ce qu'il y a dans le verre et non pas dans les dossiers administratifs qui vous imposent un carcan rigide qui ne peut que décourager les plus volontaires et innovateurs comme M. Olivier Cousin.