Un vent d'optimisme a soufflé au Bourget

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AIRBUS DÉCROCHE 39,3 MILLIARDS DE COMMANDES FERMES AU BOURGET
AIRBUS DÉCROCHE 39,3 MILLIARDS DE COMMANDES FERMES AU BOURGET

par Gilles Guillaume et Matthias Blamont

LE BOURGET (Reuters) - Le salon du Bourget s'est achevé jeudi pour les professionnels sous des trombes d'eau matinales et un dernier déluge de commandes dont Airbus est ressorti vainqueur d'une courte tête.

Au quatrième jour du salon de l'aéronautique et de l'espace, l'avionneur européen, filiale d'EADS, a annoncé avoir totalisé 466 commandes fermes et options d'achat d'avions, soit un montant total estimé à 68,7 milliards de dollars sur la base des prix catalogue, indicatifs car négociés dans le cadre de grandes transactions.

L'américain Boeing a fait état de 442 commandes et options au Bourget, pour plus de 66 milliards de dollars.

Le match commercial entre les deux géants du secteur, qui se disputent la part du lion sur un marché mondial de 100 milliards de dollars, aura une nouvelle fois largement dominé cette 50e édition du salon du Bourget.

Airbus a annoncé depuis le début de la semaine 276 commandes fermes pour 47,4 milliards de dollars, grâce notamment à son dernier-né, l'A350. Boeing, qui a lancé au Bourget les commandes pour le grand concurrent du nouveau long-courrier d'Airbus, le 787-10 Dreamliner, s'incline par le montant total affiché (36,9 milliards), mais l'emporte par les commandes fermes avec 295 annonces, tous appareils confondus.

"Nous allons quitter le Bourget avec un sentiment toujours aussi optimiste (...) notamment grâce à la visibilité dont jouit la construction aéronautique si on la compare à d'autres secteurs de l'industrie", commente Barclays dans une note sur le salon digne, selon le broker, du Bourget 2007 par le nombre d'investisseurs présents et le degré d'optimisme affiché sur les stands et dans les chalets.

"Le sentiment général de confiance peut toutefois nous rendre légitimement nerveux, mais rien ne permet encore de dire que le secteur approche à nouveau d'un pic", ajoute Barclays.

AIRBUS CONFIANT POUR 2013

Avant le président François Hollande, vendredi, plusieurs responsables politiques français ont fait le déplacement, se félicitant d'un secteur en croissance qui représente le premier poste des exportations françaises.

"C'est l'histoire d'une industrie qui marche, qui crée des emplois et qui a besoin de salariés", a déclaré dès lundi le Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Le même jour, le ministre de l'Economie Pierre Moscovici y a vu un démenti de la thèse du déclin économique français.

Lors de sa conférence de presse de clôture des quatre journées réservées aux professionnels, Airbus s'est également montré confiant pour 2013.

"Je dirais qu'il est probable que nous dépasserons notre objectif", a déclaré le directeur commercial John Leahy. Airbus visait jusqu'ici plus de 800 commandes brutes - commandes fermes et options - sur l'ensemble de l'année.

"Le secteur est aujourd'hui plus résistant qu'avant et par conséquent sa capacité de réponse aux menaces est bien meilleure", a indiqué pour sa part Fabrice Brégier, président exécutif d'Airbus. "Toutefois, nous sommes très sensibles au taux du dollar, et nous souhaiterions un euro un peu moins fort."

Les ventes d'avions civils sont toujours libellées en dollar. Depuis le salon du Bourget en 2011, la devise européenne a pris près de 2% face au billet vert.

Le salon du Bourget ouvrira ses portes au grand public vendredi, journée marquée, si les conditions météorologiques le permettent, par l'arrivée de François Hollande à bord de l'avion de transport militaire d'Airbus, l'A400M, et par un troisième vol de l'A350. Le salon fermera ses portes dimanche soir.

Avec Maria Sheahan, James Regan, Tim Hepher, Brenda Goh, édité par Dominique Rodriguez

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