Un ultime et mince espoir subsiste pour une coalition en Grèce

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Un ultime et mince espoir subsiste pour une coalition en Grèce
Un ultime et mince espoir subsiste pour une coalition en Grèce

par Harry Papachristou et Lefteris Papadimas

ATHENES (Reuters) - Un très mince espoir est apparu en Grèce où le socialiste Evangelos Venizelos, qui rencontrera ce vendredi matin le chef de file de la droite conservatrice, tente de former un gouvernement viable à même d'éviter de nouvelles élections.

Le chef de file du Pasok est le troisième et dernier dirigeant politique à être mandaté pour tenter de trouver une coalition à l'issue des législatives de dimanche où les forces favorables au plan d'aide international - et à l'austérité, son corollaire - et les forces hostiles au plan ont fait quasiment jeu égal.

Le succès de sa tentative dépend en partie de la décision de la Gauche démocratique. Le chef de ce petit parti, Fotis Kouvelis, un modéré, est sorti jeudi d'une réunion avec Venizelos en proposant la constitution d'un gouvernement réunissant l'ensemble des partis, qui maintiendrait la Grèce dans la zone euro tout en rejetant les termes de l'accord sur l'aide internationale.

Mais de sources internes, on souligne que la Gauche démocratique, qui a obtenu autour de 6% des voix et 19 des 300 élus du Parlement, est divisée sur l'idée de rejoindre une coalition sans les autres forces de la gauche radicale, lesquelles ont déjà catégoriquement refusé d'y participer.

"Il y a une chance très mince de mettre sur pied une coalition, si Kouvelis accepte", a déclaré un responsable du Pasok, sous le couvert de l'anonymat. "Mais son parti est divisé."

Evangelos Venizelos, qui a négocié le second plan de renflouement à hauteur de 130 milliards d'euros dans le gouvernement sortant, doit rencontrer ce vendredi à 07h00 GMT Antonis Samaras, chef de file de Nouvelle Démocratie.

Le Pasok et ND ont été laminés dans les urnes dimanche, avec un score cumulé à peine supérieur à 32% contre 77% aux législatives de fin 2009. Mais ils représentent à eux deux 149 élus au nouveau Parlement, à deux voix de la majorité absolue (1).

Un accord avec la Gauche démocratique pourrait débloquer la situation. Cette perspective est cependant peu probable: devant le groupe parlementaire du Pasok, Evangelos Venizelos a reconnu qu'il y avait peu de chance qu'il réussisse à former une coalition.

Le président Karolos Papoulias pourrait n'avoir d'autre choix que d'exhorter l'ensemble des dirigeants politiques à un ultime effort, dernière étape avant la tenue de nouvelles législatives, dans trois ou quatre semaines.

TSIPRAS VEUT UNE SOLUTION EUROPÉENNE

Un sondage rendu public jeudi par la chaîne de télévision Alpha montre qu'en cas de nouvelles législatives, Nouvelle démocratie, qui était encore dimanche le parti le plus important, n'obtiendrait plus que 17,4% des voix (18,85% dimanche).

La Coalition de la gauche radicale Syriza, rejette austérité et plan international, grimperait elle de 16,78% dimanche à 23,8% et deviendrait la première formation politique du pays.

Alors que les efforts politiques sont dans l'impasse, de nouvelles statistiques sont venues illustrer jeudi l'ampleur de la récession grecque, qui sévit depuis cinq ans. Le taux de chômage a atteint un niveau record en février, 21,7% de la population active, contre 21,3% le mois précédent. Chez les 15-24 ans, le taux de sans emploi atteint désormais les 54%.

Dans le même temps, l'agence Standard & Poor's a annoncé que la note souveraine de la Grèce, déjà en catégorie hautement spéculative, pourrait être abaissée un peu plus si le blocage politique perdurait.

Et le ministre allemand des Finances, le conservateur Wolfgang Schäuble, a assuré que les causes de la crise grecque étaient en Grèce et que le pays devait se conformer aux conditions fixées par le plan d'aide international. "La Grèce peut compter sur la solidarité de l'Europe mais si la Grèce ne s'aide pas elle-même, il n'y aura rien à faire", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

Le leader de Syriza, Alexis Tsipras, est d'un avis contraire. Dans une lettre qu'il a adressée jeudi à plusieurs dirigeants européens, dont José Manuel Barroso, il écrit: "Selon notre conviction profonde, le problème de la crise est européen et, par conséquent, la solution doit être trouvée au niveau de l'Europe."

(1) arrivé en tête avec 19% environ de voix, Nouvelle Démocratie a bénéficié d'une "prime" de 50 députés censée favoriser la constitution de gouvernements stables.

Avec Ingrid Melander; Eric Faye et Henri-Pierre André pour le service français

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