Un trolleybus touché par un obus à Donetsk, huit morts

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(Actualisé §§ 3, 4, Merkel §§ 16-18) par Natalia Zinets et Pavel Polityuk KIEV, 22 janvier (Reuters) - Un obus a frappé un trolleybus et tué au moins huit civils jeudi à Donetsk, ville de l'est de l'Ukraine contrôlée par les séparatistes pro-russes, rapportent témoins et autorités locales. Ce bombardement fait suite à une nuit de violents combats autour de l'aéroport international de la ville malgré une nouvelle séance de pourparlers à Berlin entre la Russie, l'Ukraine, l'Allemagne et la France pour tenter de résoudre le conflit. Le dirigeant rebelle Alexandre Zakhartchenko a appelé la population de Donetsk à se rendre sur les lieux de l'attaque, où il a promis d'amener des soldats de l'armée gouvernementale capturés. Une vidéo montre par ailleurs un prisonnier gouvernemental menotté, frappé et insulté par des civils près de l'épave du trolleybus. On ignore le type de projectile qui a touché le véhicule à un arrêt dans le quartier de Bosse, dans le sud de la ville, ni sa provenance. Chaque camp a rejeté sur l'autre la responsabilité de l'attaque. Un caméraman de Reuters a vu six corps gisant à l'intérieur ou à proximité du véhicule. L'administration ukrainienne de la région a fait état de huit morts mais les déclarations rebelles laissent entendre que le bilan pourrait être plus lourd. Lors d'une cérémonie marquant la "journée de l'unité", le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk a accusé les "terroristes russes" et jugé que la Russie devait être considérée comme responsable de ce "terrible acte contre l'humanité". A Moscou, le ministère russe des Affaires étrangères a dénoncé au contraire dans un communiqué un "crime contre l'humanité et une provocation brutale destinée à saper les efforts visant à obtenir une solution pacifique". COMBATS POUR L'AÉROPORT Vladimir Kononov, un responsable séparatiste, a également montré du doigt les forces loyalistes. "Un groupe de sabotage était à l'oeuvre. Il a été interpellé. Pas d'autre commentaire", a-t-il écrit sur un site séparatiste. Le ministère ukrainien de la Défense a déclaré qu'il ne pouvait s'agir d'un obus tiré par les forces gouvernementales car celles-ci se trouvent à une quinzaine de kilomètres. Dix soldats ont trouvé la mort dans les combats de la nuit dans le secteur de Donetsk, dont six dans la zone de l'aéroport, a rapporté le porte-parole de l'armée gouvernementale Vladislas Selezniov. Il a annoncé que les militaires s'étaient retirés du nouveau terminal de l'aéroport, la partie centrale du complexe défendue depuis des mois par un petit groupe retranché de partisans du gouvernement. "Nous contrôlons toujours la partie sud de l'aéroport", a-t-il dit. "Nous avons quitté le nouveau terminal tout simplement parce qu'il ressemble à une passoire et qu'il n'y a là-bas plus aucun endroit pour s'abriter." La situation s'est encore détériorée ces derniers jours dans l'est de l'Ukraine, où les rebelles pro-russes ont intensifié leurs attaques et où Kiev a dit vouloir renforcer son dispositif militaire pour répondre à ce qu'il présente comme une ingérence croissante de Moscou. Le président ukrainien Petro Porochenko a dénoncé mercredi devant le forum de Davos la présence de 9.000 soldats russes sur le territoire ukrainien. "PROGRÈS" LORS DE LA RENCONTRE DE BERLIN Jeudi, dans la station suisse, la chancelière allemande Angela Merkel a de nouveau dénoncé les interventions russes en Ukraine et ajouté qu'une levée des sanctions économiques européennes ne pouvait être envisagée tant que le Kremlin poursuivra cette politique. "L'annexion de la Crimée n'est pas seulement une annexion. C'est une violation des valeurs qui ont instauré un ordre pacifique en Europe après la Seconde Guerre mondiale, c'est-à-dire la reconnaissance des frontières et le respect de l'intégrité territoriale", a-t-elle dit. "Des sanctions économiques étaient inévitables. Elles ne sont pas une fin en soi. Elles peuvent être levées si les raisons pour lesquelles elles ont été imposées disparaissent. Malheureusement, nous n'en sommes pas encore là." La réunion à quatre (Ukraine, Russie, Allemagne et France), qui s'est tenue mercredi soir à Berlin, a toutefois permis d'enregistrer des progrès avec la conclusion d'un accord sur l'établissement de zones de sécurité. ID:nL6N0UZ4GQ Le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier a annoncé un accord "prévoyant que la ligne de démarcation, mentionnée dans le protocole de Minsk, sera la ligne à partir de laquelle devra commencer dès maintenant le retrait des armes lourdes". Le protocole de Minsk, signé début septembre par les représentants de Kiev, des séparatistes, de Moscou et de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), a défini un plan de sortie de crise en douze points. Berlin a de nouveau souligné que des progrès substantiels devraient être enregistrés dans la mise en oeuvre du protocole avant tout sommet sur la paix en Ukraine. (Jean-Stéphane Brosse et Guy Kerivel pour le service français, édité par Tangi Salaün)

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  • M3694709 le jeudi 22 jan 2015 à 17:03

    On doit plutôt accuser Khrouchtchev d'avoir annexé de la Crimée à l'Ukraine en 1954.

  • M3694709 le jeudi 22 jan 2015 à 16:58

    Avant de dire "L'annexion de la Crimée n'est pas seulement une annexion. C'est une violation des valeurs qui ont instauré un ordre pacifique en Europe après la Seconde Guerre mondiale, c'est-à-dire la reconnaissance des frontières et le respect de l'intégrité territoriale", Mme Merkel a du vérifier à qui appartenait la Crimée après cette guerre...