Un troisième plan d'aide évoqué pour la Grèce, la BCE à Athènes

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DES REPRÉSENTANTS DE LA BCE À ATHÈNES SUR FOND D?ÉVOCATION D?UN 3E PLAN D?AIDE ÉVENTUEL
DES REPRÉSENTANTS DE LA BCE À ATHÈNES SUR FOND D?ÉVOCATION D?UN 3E PLAN D?AIDE ÉVENTUEL

par Harry Papachristou

ATHENES (Reuters) - Une mission de la Banque centrale européenne (BCE) s'est rendue mercredi à Athènes afin de vérifier si la Grèce respecte bien les obligations contractées auprès de ses créanciers internationaux alors que certains responsables évoquent un possible troisième plan d'aide pour le pays.

Un jour après le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn estime en effet qu'une telle éventualité n'est pas exclue, tout en disant qu'il existait d'autres options.

"La soutenabilité de la dette peut, par exemple, être renforcée par l'allongement de la durée des prêts", précise-t-il, cité par le journal finlandais Helsingin Sanomat.

En pleine campagne électorale allemande, Wolfgang Schäuble a pour la première fois publiquement déclaré mardi que la Grèce, le pays d'où est partie la crise de la dette de la zone euro, aurait besoin d'un troisième plan d'aide, en plus de 240 milliards d'euros prévu dans les deux programmes couvrant la période 2010-2014.

Dans la foulée des propos du ministre des Finances, qui ont provoqué des vives réactions du côté de l'opposition allemande, un responsable du ministère grec des Finances avait dit à Reuters qu'un éventuel troisième plan d'aide pour la Grèce servirait à boucler le plan de financement du pays sur la période 2014-2016.

Il avait ajouté que, le cas échéant, les sommes en jeu n'auraient rien à voir avec celle déjà précédemment engagées. Le mois dernier, le Fonds monétaire international (FMI) a estimé à 10,9 milliards d'euros les trous dans le plan de financement de la Grèce sur 2014-2015.

NOUVELLE TRANCHE EN OCTOBRE

En attendant cet éventuel troisième plan d'aide, Jörg Asmussen, membre du directoire de la BCE, doit évaluer si la Grèce a accompli suffisamment de progrès dans la mise en oeuvre des mesures exigées par la BCE, l'Union européenne et le FMI pour être éligible à la nouvelle tranche, d'un milliard d'euros, prévue en octobre dans le cadre des plans actuels.

A cet effet, il doit rencontrer dans la journée le Premier ministre grec, le ministre des Finances, le gouverneur de la banque centrale et des dirigeants d'entreprises.

Cet automne, la troïka (FMI, BCE et Union européenne) retournera en Grèce pour déterminer si Athènes doit procéder à des économies supplémentaires afin de remplir les objectifs budgétaires 2015-2016.

Le produit intérieur brut (PIB) grec a affiché un recul de 4,6% sur un an au deuxième trimestre, une contraction inférieure aux attentes, mais qui n'en signifie pas moins que le pays connaîtra en 2013 sa sixième année consécutive de récession.

De ce fait, les recettes fiscales continuent de ressortir à un niveau en-deçà des objectifs, ce qui plombe le budget.

Après avoir atteint un pic de trois semaines mardi dans la foulée des déclarations de Wolfgang Schäuble, le rendement des obligations souveraines grecques à 10 ans continuait d'augmenter vers la mi-journée, progressant de près de 10 points de base, à 10,172%.

Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Marc Joanny

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