Un travailliste musulman favori pour la mairie de Londres

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    par Elizabeth Piper et Nadeem Shad 
    LONDRES, 5 mai (Reuters) - Sadiq Khan, un député 
travailliste musulman, est largement favori pour remporter la 
mairie de Londres à l'occasion des élections municipales qui se 
sont ouvertes ce jeudi en Grande-Bretagne. 
    Les sondages créditent ce fils d'un conducteur de bus 
pakistanais, âgé de 45 ans, d'une avance d'une vingtaine de 
points de pourcentage sur son rival conservateur Zac Goldsmith, 
41 ans, à l'issue d'une campagne tendue marquée par des tensions 
religieuses et des accusations de racisme. 
    La grande inconnue est le taux de participation, d'autant 
qu'un soleil radieux baignait Londres à l'ouverture des bureaux 
de vote et que la campagne en vue du référendum sur le Brexit, 
le mois prochain, a largement éclipsé celle des municipales. 
    Zac Goldsmith et l'actuel maire de la capitale britannique, 
le conservateur Boris Johnson, sont favorables à la sortie du 
Royaume-Uni de l'Union européenne, contrairement à Sadiq Khan. 
    D'après les sondages, les municipales qui se déroulent en 
Angleterre, en Ecosse et au Pays-de-Galles devraient marquer un 
recul du parti travailliste dans plusieurs de ses bastions et 
constituer à ce titre un test pour son nouveau chef, Jeremy 
Corbyn, ancré très à gauche. 
    Dans ce contexte, une victoire de Sadiq Khan à Londres, 
dirigée depuis huit ans par les conservateurs, mettrait du baume 
au coeur aux travaillistes, qui peine à se remettre de leur 
cuisante défaite aux législatives de l'an dernier.       
    La population de Londres, forte de 8,6 millions d'habitants, 
est l'une des plus cosmopolites au monde et il est rare que les 
questions identitaires s'invitent dans le débat politique. 
     
    POLÉMIQUES NAUSÉABONDES 
    Mais Zac Goldsmith, avec le soutien du Premier ministre 
David Cameron, n'a cessé pendant des semaines de mettre en cause 
la foi de Sadiq Khan et plusieurs apparitions passées de ce 
dernier au côté de prêcheurs musulmans radicaux, l'accusant de 
donner "un tremplin, de l'oxygène et une couverture" aux 
extrémistes. 
    Ancien avocat spécialisé dans la défense des droits de 
l'homme, le candidat travailliste a répliqué qu'il avait 
combattu l'extrémisme toute sa vie et regrettait d'avoir partagé 
des tribunes avec des orateurs aux opinions "abjectes".  
    Sadiq Khan a de son côté accusé Goldsmith, fils du financier 
milliardaire Jimmy Goldsmith, d'avoir recours à une rhétorique 
similaire à celle de l'Américain Donald Trump pour diviser les 
Londoniens en fonction de leur religion et d'être déconnecté des 
réalités en tant que membre d'une élite fortunée.  
    La semaine dernière, une nouvelle polémique s'est invitée 
dans la campagne, avec l'expulsion par le Labour de l'ancien 
maire de Londres Ken Livingstone, accusé de propos antisémites. 
  
    Sadiq Khan a condamné les propos de "Ken Le Rouge" et 
préconisé sa suspension. 
    Au-delà des polémiques nauséabondes et de leur désaccord sur 
le Brexit, un sujet délibérément laissé de côté par les deux 
candidats pendant la campagne municipale tant leurs électeurs 
sont partagés, Sadiq Khan et Zac Goldsmith ont des programmes 
largement similaires. 
    Tous deux promettent notamment davantage de logements 
sociaux, plus d'investissements dans les transports et une 
meilleure politique locale. 
    Le nom du successeur de Boris Johnson devrait être connu 
vendredi. 
 
 (Jean-Stéphane Brosse et Tangi Salaün pour le service français) 
 
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