Un tir de roquette fait trois morts dans le sud d'Israël

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TIR DE ROQUETTE MEURTRIER SUR LA VILLE ISRAÉLIENNE DE KIRYAT MALACHI
TIR DE ROQUETTE MEURTRIER SUR LA VILLE ISRAÉLIENNE DE KIRYAT MALACHI

par Nidal al-Mughrabi

GAZA (Reuters) - Le Hamas a tiré jeudi des dizaines de roquettes de la bande de Gaza sur Israël, dont l'une a fait trois morts, et l'Etat hébreu a effectué plusieurs raids aériens sur l'enclave palestinienne au deuxième jour de l'opération "Pilier de défense".

Le système israélien d'interception de roquettes "Dôme de fer" a abattu des dizaines de projectiles sur les quelque 130 tirés de la bande de Gaza depuis les premières heures du jour mais l'un d'entre eux a atteint sa cible.

Trois personnes ont été tuées, rapporte la police, quand une roquette palestinienne a frappé un immeuble de quatre étages dans la ville de Kiryat Malachi, à 25 km au nord de Gaza.

Il s'agit des premières victimes israéliennes, depuis le début, mercredi, d'une offensive aérienne contre la bande de Gaza, un étroit territoire côtier tenu depuis 2007 par les islamistes du Hamas, qui a fait 13 morts.

Les raids israéliens ont tué mercredi le chef militaire du Hamas, Ahmed Djaabari, et l'Etat hébreu a menacé d'envoyer des troupes au sol dans le territoire.

Le Hamas a revendiqué le tir d'une roquette Fajr 5 de fabrication iranienne sur Tel Aviv mais aucun impact n'a été signalé sur la métropole israélienne, située à 50 km au nord de la bande de Gaza.

INQUIÉTUDE ÉGYPTIENNE

L'Iran, qui soutient et arme le Hamas, a condamné l'offensive lancée par les Forces de défense israéliennes (IDF) sur la bande de Gaza, la qualifiant de "terrorisme organisé".

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ramin Mehmanparast, a également critiqué "le silence des organisations internationales qui prétendent défendre les droits de l'homme" à la suite des attaques israéliennes.

Le Conseil de sécurité des Nations unies s'est réuni en urgence dans la nuit de mercredi à jeudi pour discuter des raids israéliens, mais n'a pris aucune décision.

Israël est néanmoins plus inquiet de la réaction égyptienne, dont le nouveau gouvernement islamiste a aidé à la conclusion mardi d'une trêve entre les deux camps, rendue obsolète dès le lendemain par l'assassinat du chef militaire du Hamas.

Le Caire a condamné l'offensive israélienne sur Gaza et a rappelé son ambassadeur en poste dans l'Etat hébreu.

Jeudi, l'Egypte a officiellement demandé une réunion du Conseil de sécurité de l'Onu afin d'évoquer ce que Le Caire qualifie d'"agression israélienne sur Gaza", dit le ministère égyptien des Affaires étrangères dans un communiqué.

L'ambassadeur d'Egypte aux Nations unies a appelé à une action internationale urgente, en particulier du Conseil de sécurité de l'Onu afin "de faire face à cette grave situation qui menace la paix et la sécurité internationales."

ÉVITER "L'INSTABILITÉ"

Dans un discours à la nation jeudi à la télévision, le président égyptien, Mohammed Morsi, a déclaré que les Israéliens devaient réaliser que l'agression sur Gaza était "inacceptable" et ne conduisait qu'à "l'instabilité" dans la région.

"Nous sommes en contact avec les habitants de Gaza et avec les Palestiniens et nous les soutenons jusqu'à ce que l'agression cesse et nous n'acceptons en aucun cas la poursuite de cette agression sur la bande (de Gaza)", a-t-il déclaré.

Le président américain Barack Obama s'est entretenu par téléphone avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et le président égyptien pour réaffirmer le droit d'Israël à l'auto-défense, dit la Maison blanche.

De son côté, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a appelé Israël et les Palestiniens à la retenue, estimant que la violence ne réglerait rien.

"Israël, bien sûr, a le droit à se défendre, mais on n'arrive à rien en pratiquant un regain de violence. Les Palestiniens ont droit à un Etat, il faut répéter cela, Israël a droit à la sécurité, mais ce n'est pas par la violence qu'on peut régler les problèmes", a-t-il dit.

Avec Ari Rabinovitch à Jérusalem et Marwa Awad au Caire, Agathe Machecourt, Julien Dury et Juliette Rabat pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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